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Dans une interview à Jeune Afrique, Mostafa Terrab «dessine la feuille de route d’OCP Group pour les dix années à venir »

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Sous la présidence de Mostafa Terrab, le groupe marocain OCP a littéralement changé de visage, de plus en plus tourné vers l’amélioration de la valeur ajoutée, par la transformation locale, l’allocation des ressources humaines, la diversification des activités, mais également la recherche. Ce haut commis de l’Etat, redoutable capitaine d’industrie, a toujours des projets qu’il ne cesse de déployer pour le rayonnement du leader mondial. Dans une interview au mensuel Jeune Afrique, il revient sur la stratégie du groupe sur la période 2021-2030, laquelle  devrait être validée par le Conseil d’administration dans les années à venir.

Actualité récente oblige, la première question a porté sur la fameuse opération d’exportation qui s’est servie de la blockchain pour être dénouée, abandonnant la méthode d’échanges documentaires classiques. C’était l’occasion pour le patron du groupe OCP  de «corriger» quelques approximations autour de cette opération qui n’a pas été réalisée avec une monnaie électronique comme des Bitcoins. «Nous n’avons pas réalisé de vente par la technologie que vous mentionnez. Les ventes en Éthiopie résultent d’un appel d’offres qui date d’octobre 2020 », a-t-il souligné.

Pourquoi la blockchain

Il a expliqué pourquoi, il a fallu recourir à cette technologie. «En cette période de pandémie où certaines chaînes logistiques sont perturbées, nous avons eu recours à une plateforme de tierce confiance pour l’échange de documents sécurisés et nécessaires aux supports de paiement et à la réduction des temps de traitement des transactions commerciales», a rappelé Terrab avant d’expliquer que «nos recettes à l’export sont réalisées en dollars et en euros exclusivement».

Cette précision faite, Mostafa Terrab va parler plus longuement de la stratégie du groupe OCP qui lui tient à cœur, et en premier lieu, du savoir, de l’innovation et de son intégration au sein du groupe b

Pour lui, «deux choses sont à distinguer. D’un côté, l’accumulation de la connaissance, la formation des talents et la Recherche-Développement. Toutes ces missions sont dévolues à l’UM6P(Université Mohammed VI Polytechnique). De l’autre, le transfert des savoir-faire accumulés et l’intégration des innovations au niveau d’OCP ».

Il estime que pour ce dernier point que «le digital et l’analyse des données, les innovations en matière de recherche agricole, l’eau et l’énergie sont nécessaires pour la production, l’optimisation de la supply chain, le service aux clients». Mais au-delà, «la décarbonisation et la mobilisation de ressources en eau non conventionnelles (recyclage et dessalement) sont des leviers pour le développement durable», a-t-il expliqué.

Une diversification pour accompagner les secteurs stratégiques du Maroc

L’autre volet de la stratégie concerne la diversification qui mène le groupe jusqu’à l’hôtellerie, une activité qui ne fait pas partie de son cœur de métier, donc loin  du core business du groupe. Au journaliste de Jeune Afrique qui s’en étonne, Terrab explique simplement qu’il n’y a rien de nouveau concernant cette activité.

« Savez-vous que nous avons nos propres infrastructures hôtelières et des parcs importants de logements résidentiels, de villégiatures et aujourd’hui estudiantins ? », dit-il. Selon lui, l’arrimage à des établissements de prestige, la formation des cadres, par l’intermédiaire de l’UM6P et de ses partenaires internationaux reconnus, sont autant d’initiatives et de politiques qui génèrent des synergies. Il s’agit surtout d’accompagner un secteur stratégique pour le Maroc, en partenariat avec le Fonds Hassan II pour le développement.

Au-delà de la diversification, il y a également la lancinante question des normes européennes qui évoluent sans cesse, notamment concernant les métaux lourds dont le cadmium. Mais pour Mostafa Terrab, il n’y a aucune inquiétude à avoir, sachant que le groupe OCP a toujours été conforme avec les standards européens et le sera avec ceux en vigueur en 2022. Aujourd’hui, le taux maximum de cadmium dans les engrais est de 60 part par million (ppm), « alors que tous les scientifiques spécialistes de la question affirment que les taux de cette substance dans le sol sont bien supérieurs aux teneurs présentes dans les engrais ». Et d’ajouter : « Vous le saurez bientôt, tous les engrais OCP seront conformes, et au-delà, aux réglementations les plus strictes en la matière ».

Un groupe engagé dans l’environnement

C’est pour lui l’occasion d’aborder le sujet de l’engagement du groupe dans l’environnement, qui tient à cœur OCP et qui est l’un des principaux axes des « plans de développement en cours », de la « transformation à l’œuvre » et des « futurs investissements ». Selon Terrab, OCP va recourir de manière intensive « aux énergies renouvelables, à la mobilisation des ressources aquatiques non conventionnelles, au recyclage des rejets et aux circuits courts ».
Ainsi, l’énergie utilisée dans les usines de transformation de Safi et de Jorf Lasfar est propre grâce à la valorisation des vapeurs d’eau dégagées. « De même, toute l’énergie mobilisée pour la mine de Boukraa est d’origine éolienne. Le Slurry pipeline, utilisé pour le transport des phosphates de Khouribga vers Jorf, nous permet d’économiser 3 millions de m3 d’eau, de réduire notre empreinte carbone de près de 1 million de tonnes équivalent CO2 et d’optimiser nos coûts logistiques de transport ! », souligne le patron d’OCP Group.

Evidemment, la question de l’usage des engrais dans l’agriculture intensive est posée par de nombreux experts. Mais, au-delà des batailles de chapelles pour des raisons purement idéologiques, il faut reconnaître qu’il est impossible de se passer de ces substances pour nourrir les 7,4 milliards d’habitants de la planète. Et le défi des années à venir sera d’autant plus difficile à relever que l’Afrique, à elle seule, comptera 2,5 milliards d’individus à l’horizon 2050. A cela s’ajoute le fait que des éléments comme le phosphore ou le zinc qui sont naturellement contenus dans les engrais sont essentiels à la vie.

Un engagement pour l’Afrique

Depuis quelques années, OCP Group est engagé avec ses partenaires du continent dans l’utilisation rationnelle des fertilisants pour garantir la sécurité alimentaire, dans un souci d’optimisation de la production, selon l’utilisation des ressources. Et l’agressivité du géant marocain depuis 2013 a permis de faire passer les volumes écoulés annuellement de 50.000 tonnes à quelque 3 millions de tonnes aujourd’hui. Une véritable prouesse commerciale qui tient en bonne partie à la volonté de nouer un partenariat à long terme pour exploiter tout le potentiel d’un continent pouvant nourrir, à lui seul, la planète.
Dans ce cadre, Mostafa Terrab est revenu par exemple, sur ses projets au Nigeria, notamment la convention signée en mars dernier pour un investissement de 1,3 milliard de dollars pour la mise en place d’une usine, conformément à une décision prise en 2016, lors du voyage du roi Mohammed VI à Abuja.
OCP ne compte pas s’arrêter là, puisque, « au contraire », s’exclame Mostafa Terrab qui promet d’autres projets dans les pays africains. Puisque, selon lui, « une entreprise qui se veut mondiale multiplie les opportunités de croissance chaque fois que l’intérêt bien compris des parties concernées est évident ». Et de conclure : « la proximité permet en outre d’adapter nos produits aux besoins des fermiers pour réduire le coût des intrants. Il convient de ne pas oublier non plus que cette croissance permise par les investissements nécessaires au plus près des marchés valorise davantage le phosphore, mis ainsi au service de tous ! C’est ce qui explique largement notre approche ».

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