Alors que la guerre en Ukraine assombrit les perspectives de croissance de l’économie mondiale, le débat sur les pratiques de prêt de la Chine en Afrique revient sur le devant de la scène.
Le chancelier allemand, Olaf Scholz estime que la «générosité» de Pékin envers les pays africains risque de plonger le monde dans une nouvelle crise financière.
Interpellé sur l’attitude timorée de l’Union européenne en Afrique alors que les fonds chinois irriguaient le continent pour financer des projets de développement, le chancelier allemand a remis sur la table l’impact négatif que pourrait avoir l’appétit gargantuesque des prêteurs chinois sur la stabilité financière mondiale.
«Il existe un danger vraiment sérieux de voir une prochaine grande crise de la dette dans les pays du Sud liée aux prêts accordés par la Chine, qui n’a elle-même pas une vue d’ensemble en raison des nombreux acteurs impliqués», a lancé le chancelier social-démocrate lors d’un débat au Congrès des catholiques, tenu en début de semaine à Stuttgart.
Olaf Scholz a également souhaité voir la Chine rejoindre le Club de Paris, un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées aux difficultés de paiement de pays endettés en négociant des allègements ou des rééchelonnements de leur dette.
La Chine est devenue le premier créancier de l’Afrique, en s’appuyant notamment sur ses deux principaux bras financiers, en l’occurrence la Banque chinoise d’import-export (China EximBank) et la China Development Bank (CDB), ainsi que sur des fonds bilatéraux spécifiques comme le Fonds de développement Chine-Afrique. Au cours des vingt dernières années, Pékin a prêté au total 161,9 milliards de dollars aux pays africains, des financements dont les conditions sont souvent controversées.
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