Au bord du gouffre, et au terme de longues tractations, le gouvernement ghanéen a évité de justesse une grave crise en signant un accord de restructuration de la dette avec ses principaux créanciers, membres du Club de Paris. Ce deal devrait permettre au Ghana de mobiliser un prêt de 360 millions de dollars du FMI, un déblocage qui était suspendu à ce deal
Sur un air presque jubilatoire, le gouvernement ghanéen a annoncé ce mercredi 12 juin, avoir trouvé un accord avec ses créanciers officiels. «Le gouvernement a le plaisir d’annoncer qu’un accord a été trouvé pour un mémorandum d’entente avec le comité des créanciers officiels concernant le traitement de la dette convenu en janvier 2024. Ce mémorandum marque une étape cruciale dans le processus de restauration de la soutenabilité de la dette du pays », précise le communiqué publié par le ministère des Finances. Selon Accra, «les termes financiers de l’accord demeurent inchangés et prévoient un allègement substantiel du service de la dette durant la période du programme soutenu par le FMI, permettant aux ressources financières d’être dirigées vers des secteurs critiques tels que les infrastructures, la santé et l’éducation.»
Bien qu’il doive encore être signé par chaque partie prenante, ce mémorandum est une bouffée d’oxygène pour ce pays embourbé dans une crise qui dure depuis plusieurs années. Cette situation avait poussé les autorités à suspendre en décembre 2022 le paiement d’une partie de la dette extérieure du pays. Après avoir achevé avec succès la restructuration d’une grande partie de sa dette intérieure, le Ghana a également entamé, en mars dernier, des négociations formelles avec les détenteurs de ses euro-obligations sur la restructuration d’environ 13 milliards de dollars de dettes.
Le nouvel accord devrait ouvrir la voie à l’approbation par le conseil d’administration du FMI du versement d’une nouvelle tranche de prêt de 360 millions de dollars au titre d’un programme d’aide d’un montant global de 3 milliards de dollars qu’Accra avait obtenu auprès de l’institution.
« L’approbation du conseil d’administration du FMI devrait également attirer plus de soutien financier de nos partenaires de développement, et plus particulièrement la Banque mondiale », se réjouissent les autorités ghanéennes. Cet accord renforcera par ailleurs les discussions en cours avec les créanciers privés avec qui le Ghana se dit déterminé à conclure le plus tôt possible.





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