Le président djiboutien, au pouvoir depuis plus de deux décennies, laisse planer l’incertitude quant à sa participation à la présidentielle de 2026, malgré les limites imposées par la Constitution. Un positionnement qui ravive les interrogations sur l’avenir politique du pays
Interrogé sur ses intentions pour l’élection présidentielle prévue en avril 2026, Ismaïl Omar Guelleh, président de Djibouti depuis 1999, a choisi de ne pas répondre clairement.
Une réponse évasive mais lourde de sens
«Je ne répondrai pas à cette question,» a-t-il confié dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique publié vendredi. À 77 ans, Guelleh dépasse pourtant l’âge limite autorisé par la Constitution djiboutienne, qui interdit toute candidature présidentielle au-delà de 75 ans.
«Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’aime trop mon pays pour l’embarquer dans une aventure irresponsable et être la cause de divisions,» a-t-il ajouté, laissant entendre qu’un éventuel changement constitutionnel n’est pas exclu.
Une longévité politique inégalée
Surnommé « IOG », Ismaïl Omar Guelleh est une figure centrale de la vie politique djiboutienne. Il a succédé à Hassan Gouled Aptidon, père de l’indépendance, en 1999, après avoir été pendant 22 ans son directeur de cabinet. Réélu en 2021 avec plus de 97 % des suffrages, il gouverne avec le soutien de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), qui domine sans partage le Parlement.
Son pouvoir s’est consolidé au fil des ans, malgré les critiques sur la répression des voix dissidentes et le manque de pluralisme politique.
État de santé et rumeurs persistantes
Dans le même entretien, le chef de l’État a tenu à répondre aux spéculations sur sa santé, qu’il a balayées avec ironie : «je dois sans doute perdre quelques kilos. Pour le reste, tout est nickel,» a-t-il déclaré.
Ces rumeurs alimentent depuis plusieurs mois les incertitudes sur sa capacité à continuer de diriger un pays dont il tient fermement les rênes depuis plus de 25 ans.
Un pays stratégique dans une région instable
Situé au carrefour de la Corne de l’Afrique, Djibouti reste un îlot de stabilité dans une région marquée par les conflits. Ancienne colonie française indépendante depuis 1977, le pays attire les convoitises internationales grâce à sa position géopolitique clé. Il abrite des bases militaires françaises, américaines et chinoises, illustrant son importance dans les stratégies globales de sécurité et de commerce.
Avec une population d’environ 1 million d’habitants, Djibouti, frontalier de l’Éthiopie, de la Somalie et de l’Érythrée, joue un rôle disproportionné par rapport à sa taille sur l’échiquier international. L’avenir politique du pays, et celui de son président historique, reste désormais suspendu à une éventuelle révision constitutionnelle.





Djibouti
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