A l’issue d’une visite-marathon de six jours en Algérie, Mary Lawlor, rapporteure spéciale de l’ONU, s’est publiquement inquiétée de la situation des défenseurs des droits de l’Homme lors d’une conférence de presse à Alger, mardi 5 décembre. Laissant de côté les précautions diplomatiques, elle a exhorté le gouvernement algérien à « libérer tous les défenseurs des droits emprisonnés pour l’exercice de leur liberté d’expression, d’opinion et d’association.»
Selon le Comité national pour la Libération des détenus (CNLD), des dizaines de personnes, en lien avec le mouvement pro-démocratie du Hirak ou la défense des libertés individuelles, sont encore emprisonnées en Algérie.
Mary Lawlor a affirmé avoir constaté à travers les entretiens qu’elle a eus lors de sa visite «des schémas de violations utilisés pour réprimer» les défenseurs des droits citant notamment «l’acharnement judiciaire par le biais de multiples poursuites pénales.»
La législation actuellement en vigueur est utilisée pour limiter et sanctionner le travail des défenseurs de droits de l’Homme, déplore Mary Lawlor, notant le recours à un article du code pénal en lien avec les questions terroristes pour réprimer ces militants. Selon elle « la définition du terrorisme dans cet article est si vague et si large qu’elle laisse aux services de sécurité une grande marge de manoeuvre pour arrêter les défenseurs de droits de l’Homme.
La diplomate onusienne a par ailleurs déploré le fait qu’il soit interdit aux défenseurs des droits d’accéder à des ressources financières de l’étranger, sous peine de prison et alerté sur l’interdiction de quitter le territoire qui frappe des défenseurs de droits humains.





Algérie
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