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Edem d’Almeida, Directeur général d’Africa Global Recycling : Faire du déchet une belle ressource

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Pour Edem d’Almeida, Directeur général de Africa Global Recycling, groupe multi-filière spécialisé dans la valorisation des déchets, il ne fait aucun doute qu’une démarche d’économie circulaire contribue à optimiser la gestion des déchets. Sa conviction tient du modèle du processus de production consistant à générer à partir du déchet, de l’innovation sociale, économique voire culturelle. Explication du texte avec celui qui est également Conseiller au Commerce extérieur de la France au Togo et Président fondateur du programme concitoyen Moi Jeu Tri présent au Togo, en Côte d’Ivoire et en France.

 AFRIMAG : Africa Global Recycling, spécialisé dans la valorisation des déchets et orienté multi-filière, est aujourd’hui l’unique centre du genre au Togo et dans la sous-région. Pourquoi vous vous êtes lancé dans cette activité qui relève de l’économie circulaire ?

Edem d’Almeida : La particularité du modèle d’Africa Global Recycling ne se situe pas seulement dans son orientation multifilière. Elle relève aussi de l’industrialisation de tout le process de la gestion des déchets d’une part, et d’autre part, de son modèle, voulu dès la création, à générer à partir du déchet, de l’innovation sociale, économique et même culturelle pour le continent. 
C’est bien là un des fondements-clé de l’économie circulaire, génératrice d’innovations durables au service des territoires. Mon choix a été celui du cœur, j’ai été pris d’abord de passion pour le secteur lorsque j’ai découvert, il y a une quinzaine d’années, les métiers et les solutions de la gestion et de la valorisation du déchet. Ensuite, mon choix a été celui de contribuer au développement du Togo et du continent lorsque j’ai compris que les problématiques liées à la gestion des déchets dans nos pays pouvaient se révéler être de vraies opportunités. Ma contribution, ma vision et ma volonté sont guidées par une forte motivation à générer davantage d’impacts sociaux, économiques, environnementaux durables et de faire bouger les lignes sur un sujet qui reste enfermé encore dans une perception étriquée de son potentiel de construction massive pour l’Afrique.

Le développement des filières de valorisation des déchets est un atout stratégique pour aboutir à une économie circulaire. Comment Africa Global Recycling met-elle tout cela en pratique sur le terrain ? 
Il est vrai que le concept de l’économie circulaire met aussi en évidence l’impérative nécessité de construire des partenariats nouveaux, des modèles économiques nouveaux, des approches et des interactions nouvelles entre les différents acteurs. Pour cela, il nous faut créer des écosystèmes nouveaux et les drainer ; il nous faut créer des liens entre différentes parties prenantes. C’est notre conception et un savoir-faire développé depuis 9 ans maintenant. 
D’abord, nous nous plaçons au cœur d’un écosystème composé de partenaires industriels, de pouvoirs publics, d’acteurs de l’économie informelle, des organisations de la société civile et bien d’autres, pour qui il nous faut construire des liens et des modèles économiques qui permettent de garantir la durabilité, la rentabilité et les relations gagnant-gagnant. 
Le développement des filières et leur structuration sont essentiels mais la question de l’économie circulaire revêt aussi un caractère hautement politique et doit pouvoir évoluer dans des cadres règlementaires, fiscaux et juridiques adaptés pour favoriser l’émergence de nouveaux métiers et de nouvelles formations. Pour finir, notre démarche consiste essentiellement à tirer parti de la décentralisation avec de nouveaux partenariats entre AGR et les collectivités locales, générateurs d’emplois locaux, d’accompagnement à un entrepreneuriat vers des jeunes ancrés dans les territoires, de synergies entre partenaires privés, publics et organisations de la société civile.

En quoi Africa Global Recycling est porteuse d’opportunités pour les citoyens et pour les entreprises ? 
Les opportunités sont nombreuses. D’abord nos activités sont créatrices d’emplois directs et indirects ; ce sont 50 emplois aujourd’hui créés et 130 auto-emploi que nous avons fait émerger. Ce sont des opportunités de formation et d’insertion professionnelle de nombreux jeunes dans différents domaines : juridique, financier, technique par exemple… 
Ce sont des sources de revenus principales ou secondaires pour de nombreux acteurs de l’économie informelle et pour des entreprises partenaires représentants pas moins de 500 millions de FCFA
Et puis l’impact est aussi structurel, nous apportons une valeur ajoutée à la démarche de développement durable des entreprises par notre savoir-faire, la maitrise des marchés, nos systèmes de reporting et l’assurance de la traçabilité des matières.

 La valorisation des déchets peut-elle être un secteur d’avenir au Togo et contribuer à réduire le chômage ? 
La valorisation des déchets est un secteur d’avenir au Togo et partout sur le continent s’il sort des gangrènes d’une certaine bureaucratie.

Edem d’Almeida et la Première ministre du Togo, Victoire Dogbe, dans les locaux d’Africa Global Recycling

Les solutions développées par les institutions aujourd’hui, sont pour beaucoup, antinomiques à l’impérieuse nécessité de formaliser une économie de vie pour les plus vulnérables notamment, de créer un cadre favorable à de nouvelles opportunités économiques et de créer massivement de l’emploi. La valorisation des déchets est un secteur porteur qui doit être au cœur des stratégies de développement et d’industrialisation des pays. C’est là que le secteur révèle tout son potentiel. Le déchet est plus qu’un déchet.

 

 

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