Le marché de capitaux constitue un élément incontournable de la finance mondiale. Il existe environ 42 000 sociétés cotées en bourse dans le monde, représentant une valeur de marché de 117 000 milliards de dollars en 2024.
Cela donne une idée de la tendance à la centralisation excessive des échanges d’actions et d’obligations à long terme. Essentiels au financement des économies et dominés de longue date par les États-Unis, le Japon et l’Europe, ces marchés connaissent aujourd’hui une croissance des pays émergents (notamment en Asie), malgré une diminution du nombre d’entreprises cotées dans les économies avancées. Entre 2000 et 2021, le nombre d’entreprises non financières ayant sollicité les marchés de capitaux a augmenté de 300 % par an.
Face à l’ampleur des besoins de financement, l’Afrique se trouve à un tournant décisif. Le développement de marchés de capitaux solides, inclusifs et performants n’est plus une option, mais un levier stratégique essentiel pour soutenir la transformation économique de l’Afrique. En mobilisant davantage les financements de marché, les économies africaines pourraient stimuler l’innovation, renforcer la compétitivité des entreprises, élargir l’inclusion financière et poser les bases d’une croissance durable à long terme.
Cet impératif de survie économique a poussé, ces dernières années, plusieurs pays à engager des réformes ambitieuses afin de moderniser leurs écosystèmes financiers. Malgré ces avancées, les résultats demeurent contrastés. De nombreux marchés continuent de souffrir de faiblesses structurelles persistantes : faible liquidité, infrastructures de marché insuffisantes, base d’investisseurs étroite et fragmentation des cadres réglementaires. Autant de contraintes qui limitent leur capacité à financer efficacement l’économie réelle et à répondre aux besoins d’investissement, notamment ceux liés à la transition climatique.
Dans l’ensemble, les marchés de capitaux africains restent moins développés que ceux d’autres régions. L’activité est fortement concentrée, les volumes d’échanges demeurent limités et le rôle des entreprises cotées comme des entreprises publiques est freiné par des lacunes en matière de gouvernance. Si les services financiers numériques ont permis des avancées notables en matière d’inclusion financière, des investissements supplémentaires dans les technologies de marché pourraient en amplifier considérablement l’impact.
Quelques chiffres révélateurs du retard de l’Afrique en ce domaine : 1 141 entreprises cotées sur les bourses africaines, contre près de 44 000 dans le monde ; 1 % seulement des fonds propres levés à l’échelle mondiale depuis 2000 concernent des entreprises africaines, et 80 % de la capitalisation boursière concentrée dans trois pays du continent (Afrique du Sud, Maroc et Égypte)
Tirer profit du marché des capitaux en Afrique nécessite une approche stratégique axée sur la diversification, notamment via la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières) et le capital-investissement dans des secteurs porteurs comme la tech, l’agrobusiness et la finance. Il est essentiel d’utiliser des courtiers locaux, des applications numériques pour l’accès direct, et de réaliser des recherches approfondies pour gérer les risques. Une véritable alchimie permet de structurer l’investissement dans un environnement financier insécure mais pouvant se transformer aussi un bon risque.
La bonne recette pour espérer tirer le marché africain des capitaux vers le haut est d’utiliser les bourses régionales comme tremplin (la BRVM de l’UEMOA est une option robuste, offrant l’accès aux actions de grandes entreprises (Sonatel, banques, etc.) dans une devise stable (FCFA), d’investir via des outils numériques (des applications comme Daba facilitent l’achat d’actions et le suivi en temps réel depuis un téléphone), de diversifier avec des fonds et paniers (les collections d’actions ou les ETF (Fonds Négociés en Bourse) permettent de s’exposer instantanément à plusieurs secteurs clés (agriculture, finance, tech) et de se faire accompagner par des experts (l’utilisation de Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI) est obligatoire, sinon nécessaire, pour les transactions boursières).
Le ciblage des secteurs de croissance, en misant sur l’innovation numérique, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la santé qui offre le meilleur potentiel de rendement, et la bonne compréhension des risques et réglementations par l’analyse minutieuse de la santé financière des entreprises constituent également une approche primordiale pour sécuriser le capital











