Le dirigeant de l’opposition en Afrique du Sud a assuré mardi que le fait qu’il soit blanc n’était pas un « handicap » pour les élections générales de cette année, 30 ans après la fin de l’apartheid.
John Steenhuisen, 47 ans, chef de l’Alliance démocratique libérale (DA), a estimé que les Sud-africains en avaient assez de la discrimination raciale et avaient besoin d’un parti qui créerait des emplois et améliorerait l’économie en berne.
« Les gens considéreront le DA et verront un parti qui est sérieux, qui les sort de la pauvreté, crée des emplois et construit un meilleur avenir pour leurs familles », a-t-il dit. « Nous ne sommes pas des représentants de notre race, nous sommes jugés sur notre contribution », a-t-il déclaré à l’AFP en marge d’une conférence de presse à Johannesburg.
« Non, je ne vois pas du tout cela comme un handicap », a-t-il dit, interrogé sur l’idée que le fait d’être blanc pourrait être un obstacle pour les élections.
Formé en 2000 comme une fusion de trois partis à prédominance blanche, le DA s’est démené pour gagner des électeurs noirs. Aux dernières élections de 2019, lorsqu’il était dirigé par un homme noir, il a remporté environ 20 % des voix.
Le Congrès national africain (ANC) est au pouvoir depuis 1994, année de l’élection de Nelson Mandela, premier président sud-africain noir. Mais sa base s’effrite, face aux accusations de corruption, de mauvaise gestion et de népotisme.
La DA, qui administre la ville du Cap (sud), a formé une coalition avec plusieurs autres groupes dans l’espoir de battre l’ANC.
Cependant, un sondage d’opinion effectué en octobre a montré que John Steenhuisen obtenait un mauvais score parmi les électeurs noirs, seulement 8% l’approuvant.
« Nous croyons au non-racialisme », a déclaré Steenhuisen lundi. « Je frémis en pensant à ce qui se serait passé si Barack Obama avait dit que vous ne pouvez pas vous présenter à la présidence des États-Unis d’Amérique parce que vous venez d’un groupe minoritaire », a-t-il ajouté.
Ces dernières années, la DA a perdu plusieurs dirigeants noirs de premier plan, dont son ancien chef, Mmusi Maimane, et l’ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba, parti en disant qu’il ne pouvait pas rester dans un parti qui considérait la race comme « non pertinente » s’agissant des questions de pauvreté et d’inégalités.
L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale et la pauvreté affecte principalement les Sud-africains noirs, qui constituent une majorité écrasante de la population.
Avec AFP





Afrique du Sud




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