La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) vient de publier son rapport préliminaire sur le premier tour des présidentielles à Madagascar du 16 novembre 2023. Le rapport final sera publié d’ici un mois.
La SADC a envoyé une mission d’observation électorale sous l’égide du général de brigade Godfrey Miyanda, ancien Vice-président de la République de Zambie et composée de 62 observateurs couvrant la capitale et les principaux chefs lieu des provinces de la Grande Ile. Madagascar étant un Etat membre de la SADC. Les observateurs ont été présents dans 209 sur 27.375 bureaux de vote. Ce qui est loin d’être représentatif !
C’est devant un parterre de personnalités, organisations et entités impliquées dans le scrutin que l’ambassadeur Lazarous Kapambwe, chef de mission suppléant a lu, le 18 novembre la déclaration préliminaire de la Mission.
Cette équipe s’est entretenue avec les différentes parties prenantes du processus électoral, se conformant aux principes de la SADC sur les élections démocratiques et respectant les lois du pays. La déclaration préliminaire couvre les observations de la mission sur la période préélectorale et les activités du jour du scrutin. Durant les rencontres préélectorales, des parties concernées notamment la plateforme de dialogue et de médiation, ont signalé que des recommandations formulées par la SADC dans le rapport de celle-ci aux deux tours de la présidentielle de 2018 et des législatives de 2019 n’avaient été mis en œuvre par l’Exécutif. Alors que Ntsay Christian, chef du gouvernement de l’époque est toujours en place.
Cette plateforme a été mise en place en début novembre, par la présidente de l’Assemblée nationale Christine Razanamahasoa sous l’égide des chefs des églises du conseil national des églises (FFKM) devant la montée des tensions préélectorales et visant à concilier les protagonistes politiques pour éviter de l’escalade. C’est la Plateforme qui a sollicité la troïka de la SADC d’inscrire la situation de Madagascar à l’ordre du jour du sommet extraordinaire tenu à Luanda le 4 novembre dernier. Rattrapant le refus du gouvernement malgache de la venue à Madagascar fin septembre de l’ancien président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete, dans le cadre d’une mission de la SADC.
Des inquiétudes…
«La plupart d’entre les parties prenantes ont exprimé leur inquiétude concernant le fait que certaines des lois qui régissent les élections ne sont pas respectées par les institutions compétentes de l’État dont la Haute cour constitutionnelle (HCC)» dixit la SADC. Elle note aussi les préoccupations des parties prenantes sur la crédibilité des listes électorales, ainsi que l’usage disproportionné des forces par les services de sécurité contre le Collectif des 10 candidats et leurs partisans. S’opposant à la candidature du président sortant Andry Rajoelina et des excès et abus de pouvoir de l’Exécutif, ce collectif composé de 10 n’a pas fait campagne électorale et a boycotté l’élection du 16 novembre.
La Mission a aussi noté des cas de détention et d’arrestation des proches de certains candidats et proches de candidats. Un député en la personne de Fetra Ralambozafimbololona, président du groupe parlementaire TIM a été arrêté en pleine session parlementaire, gardé à vue pendant 10 jours et finalement libéré le 18 novembre dernier.
Sur l’accès aux médias, la Mission a remarqué que l’Autorité nationale chargée de réglementer la communication dans les médias prévue dans la loi organique sur le régime général des élections et des référendums n’était pas opérationnelle. La Mission octroie un bon point à la CENI, ayant permis, pour la première fois aux malvoyants de voter en secret en introduisant des bulletins de vote en braille.
Bien que constatant un taux de participation relativement faible, la SADC a préféré donner un chiffre dans cette déclaration préliminaire en le promettant au rapport final. Après avoir salué le peuple malgache, la Mission d’appeler toutes les parties prenantes au processus électoral «à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour préserver jalousement la paix et la stabilité de Madagascar »
Dans un langage démocratique, la SADC a conclu « de participer activement aux processus en cours et de veiller à apporter tout l’appui nécessaire pour régler les questions en suspens. En cas de différend électoral et de plainte, la Mission demande instamment à toutes les parties concernées de faire connaître leurs préoccupations par le biais des procédures et processus juridiques établies » Son rapport final sera publié d’ici un mois, soit avant 18 décembre 2023.





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