Depuis le palais de l’Elysée, le président français Emmanuel Macron accorde dans la soirée du 24 septembre 2023 une interview aux 20 heures de TF1 et de France 2. L’Afrique, précisément le Niger sous la présidence du général Abdourahmane Tchiani depuis le 26 juillet 2023, n’a pas été à l’écart.
Répondant aux questions d’Anne-Claire Coudray et de Laurent Delahousse, Emmanuel Macron a abordé la situation au Niger dirigé par des putschistes. Il a clairement annoncé « mettre fin à la coopération militaire française avec les autorités de fait du Niger». Il a rappelé que l’opération Barkhane s’est installée dans le Sahel pour mener une guerre contre le terrorisme à la demande du Burkina Faso, du Mali et du Niger. «Barkhane a été un succès et sans cette opération, la plupart de ces pays (ndlr : dans la région du Sahel) auraient déjà été pris par des califats territoriaux et des djihadistes», affirme-t-il.
Avec cette décision, le sort de Sylvain Itté, ambassadeur de France au Niger, sommé de rentrer est résolu. Contrairement à son refus, il y a deux semaines, de rapatrier ce dernier, arguant une autorité légale demanderesse, Emmanuel Macron a déclaré de «ramener l’ambassadeur et des diplomates français dans les prochaines heures.»
Diplômé de l’administration publique de Lille (France), et évoluant dans différentes fonctions de la diplomatie française depuis 1998 dont une dizaine d’années comme ambassadeur (en Uruguay et en Angola), Sylvain Itté n’a pas fait long feu à Niamey, après seulement une année de représentation de la République française. Bref, Emmanuel Macron a finalement cédé aux exigences des putschistes nigériens.
Un échec de stratégie ou de négociation ?
«Ils (ndlr : les militaires français) vont rentrer de manière ordonnée dans les semaines et les mois qui viennent (…) d’ici fin de l’année 2023. Nous nous concerterons avec les putschistes parce que nous voulons que ça se fasse dans le calme» a précisé le président français. Bien qu’il promette «de continuer, d’accompagner le continent africain pour lutter contre le terrorisme (…) avec des autorités légales», ce départ des troupes françaises du Niger, composées d’environ de 1.500 hommes signifie indirectement un échec. Un échec de stratégie militaire ou de négociation diplomatique, c’est selon.
Emmanuel Macron a persisté dans cet entretien ne pas toujours reconnaître le Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP) regroupant les dirigeants de la Transition de Niger : «J’ai eu cet après-midi (ndlr : de dimanche) le président Mohamed Bazoum, parce que c’est la seule autorité légitime qui a été élue par son peuple mais aujourd’hui détenu.» Il refuse que «la France soit l’otage des putschistes» tout en lançant qu’il n’y a plus de France – Afrique : «Quand il y a coup d’État, nous (la France) n’interférons pas.»
Le locataire de l’Elysée va plus loin avec une pique virulente qui ne sera pas appréciée par le général Abdourahmane Tchiani et le CNSP ainsi que les autres dirigeants du Sahel : Les putschistes sont les amis du désordre, a-t-il . Et d’ajouter : Les attaques jihadistes font des dizaines de morts chaque jour au Mali ! Et lui d’un autre ton plus calme se dit « très inquiet pour cette région (…) mais n’est pas responsable de la vie politique de ces pays.»
Un certain satisfecit
De Niamey, la junte a réagi face aux déclarations d’Emmanuel Macron avec un certain satisfecit dans un communiqué lu à la télévision nigérienne : «Ce dimanche, nous célébrons la nouvelle étape vers la souveraineté du Niger. Les troupes françaises ainsi que l’ambassadeur de France quitteront le sol nigérien d’ici la fin de l’année. C’est un moment historique qui témoigne de la détermination et de la volonté du peuple nigérien.» Une satisfaction locale certes, parce qu’au siège des Nations Unies, la prise de parole du Niger à la 78e assemblée générale prévue le 21 septembre dernier n’a pas été autorisée par le Secrétariat général de l’organisation. Et le CNSP dénonce des agissements perfides d’Antonio Guterres, SG de l’ONU qu’il accuse de faire obstacle à leur intervention.
D’après une source diplomatique, l’ONU a en effet reçu deux demandes différentes du Niger pour s’exprimer à l’assemblée générale, l’une pour Bakary Yaou Sangaré et l’autre venant du gouvernement renversé. «En cas de lettres de créances concurrentes de la part d’un Etat membre, le Secrétaire général transmet la question à la commission de vérification des pouvoirs de l’assemblée générale qui délibère sur la question. Le Secrétaire général ne décide pas», a expliqué Stéphane Dujarric, Porte-parole du SG de l’ONU.
Bakary Yaou Sangaré, ancien Représentant permanent du Niger à l’ONU sous Mohamed Bazoum est l’actuel ministre des Affaires étrangères du régime de Transition. Tandis que l’ancien titulaire de ce poste, Hassoumi Massaoudou s’évertue à tout prix une interdiction de parole de la junte à la tribune des Nations Unies.
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