Dans le cadre du projet Fonds de Solidarité pour les Projets Innovants – Transition Écologique, Je m’engage pour l’Afrique (JMA) a réalisé l’ouvrage «Bonnes pratiques – Valoriser les actions environnementales au Cameroun.» (Lien https://mag.jmafrique.org/publication)
Ce guide met en lumière l’ingéniosité des acteurs camerounais, de l’Extrême Nord au Littoral, face aux défis environnementaux, offrant un modèle de résilience et d’innovation pour toute l’Afrique.
Bienvenue Atchinale – Responsable des programmes de l’Organisation des Jeunes pour la Citoyenneté Active et le Développement (OJECAD) au Cameroun, Coordonnateur National du mouvement citoyen Solidarité Jeune (SOLIJ).
OJECAD œuvre pour l’engagement des jeunes en faveur du progrès citoyen, du développement durable et de la paix. Elle promeut l’éducation civique, la participation démocratique, le leadership, ainsi que la sensibilisation environnementale. Entretien.

AFRIMAG : Vous êtes le coordonnateur national du mouvement citoyen Solidarité Jeunes (SOLIJ) au Cameroun et porteur du projet ECOVIRTUOSAHEL. Dites-nous en quoi consiste votre démarche ?
Bienvenue Atchinale : Le projet ECOVIRTUOSAHEL part d’un constat préoccupant : l’impact environnemental croissant du numérique reste largement invisible. Une heure de streaming sur un écran large consomme 100 fois plus d’électricité qu’un smartphone. Un iPhone 14 Pro peut générer jusqu’à 116 kg de CO₂ sur l’ensemble de sa durée de vie. Multipliez cela par 5 milliards d’internautes dans le monde : on comprend vite que la pollution numérique n’est pas une abstraction, mais une réalité aux conséquences massives.
Notre objectif est de transformer cette prise de conscience en levier d’action. Avec ECOVIRTUOSAHEL, nous sensibilisons les jeunes et les citoyens du Sahel à leur empreinte carbone numérique, notamment dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et du Littoral du Cameroun. Notre approche croise quatre leviers : la pédagogie, le recyclage, l’intelligence artificielle et le plaidoyer citoyen.
AFRIMAG : Quel est l’impact concret du projet sur le terrain jusqu’à présent ?
Bienvenue Atchinale : Nous avons déjà sensibilisé plus de 350 jeunes à travers nos ateliers et formations. Ces jeunes deviennent les premiers maillons d’une nouvelle génération d’éco-citoyens numériques, capables de faire des choix éclairés : éteindre leurs appareils, limiter le streaming, recycler leur matériel, ou encore prolonger la durée de vie de leurs smartphones.
Nous mettons en place des modules de formation adaptés aux réalités locales, ainsi que des campagnes de sensibilisation sur les bons gestes numériques. Nous encourageons aussi la réparation locale des appareils et développons des programmes de collecte et de recyclage d’équipements électroniques. Ce sont des solutions concrètes, reproductibles, et surtout accessibles.
AFRIMAG : Vous parlez d’une ambition panafricaine. Comment comptez-vous étendre cette initiative au-delà du Cameroun ?
Bienvenue Atchinale : Notre ambition est claire : former une communauté de citoyens numériques responsables à l’échelle de l’Afrique subsaharienne. Grâce à notre ancrage local via OJECAD Cameroun, SOLIJ et à nos partenariats institutionnels, nous avons la crédibilité et l’expérience de terrain pour accompagner cette dynamique.
Ce que nous souhaitons, c’est créer une véritable plateforme de diffusion de bonnes pratiques, portée par les jeunes et pour les jeunes. Car au Sahel, les enjeux environnementaux se croisent avec ceux de la jeunesse, de la paix et du développement. L’écocitoyenneté numérique peut devenir un puissant levier de résilience pour la région.





Cameroun
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