Lagos, 11 septembre 2026. Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) entre dans une nouvelle étape de son développement. La plateforme, lancée officiellement à Accra en janvier 2022 sous l’égide d’Afreximbank et de l’Union africaine (UA), opère désormais dans plus de 30 pays répartis dans les cinq régions du continent. Elle connecte 24 banques centrales nationales et régionales, plus de 200 banques commerciales et prestataires de services de paiement, ainsi que 16 commutateurs. Rien qu’en 2026, une dizaine de pays supplémentaires ont rejoint l’écosystème, et une nouvelle vague d’expansion est annoncée d’ici la fin de l’année.
C’est ce qu’a indiqué le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, lors d’une conférence de presse tenue à Lagos. « La première phase du PAPSS a consisté à construire, à créer des liens et à instaurer la confiance. Nous avons mis en place l’infrastructure, étendu notre réseau à travers l’Afrique et démontré que le PAPSS peut apporter des avantages concrets », a-t-il déclaré, avant d’annoncer le cap : à partir de 2027, la priorité ira à l’exploitation du réseau, au renforcement de son adoption et à l’accélération des transactions.
Des volumes multipliés par dix en un an
Les chiffres d’utilisation donnent le ton. Entre les périodes comparables de 2025 et 2026, le volume des transactions sur l’ensemble du réseau a bondi d’environ 1 000 %, tandis que leur valeur progressait d’environ 120 %. Le Nigeria, premier marché de la plateforme, tire la croissance : environ 1 100 % de hausse en volume et 125 % en valeur sur la même période.
Au-delà des volumes, le PAPSS met en avant des gains concrets pour les utilisateurs. Les transactions réalisées via le système permettraient des économies comprises entre 92 et 95 % par opération, une réduction de 99,99 % du temps de traitement et une baisse pouvant atteindre 80 % des besoins en devises étrangères. Un argument de poids pour des entreprises africaines longtemps contraintes de passer par des devises tierces, dollar ou euro en tête, pour commercer entre elles.
Rendre le réseau accessible au quotidien
Pour Mike Ogbalu III, la démonstration est faite pour montrer le fonctionnement de l’infrastructure. Reste à la diffuser. « La prochaine étape consiste à rendre ces avantages accessibles à une échelle beaucoup plus large en collaborant plus étroitement avec les banques, les fintechs, les plateformes d’échange et d’autres partenaires, afin d’intégrer le PAPSS aux canaux utilisés quotidiennement par les entreprises et les particuliers », a-t-il précisé.
Concrètement, la prochaine phase s’articulera autour de la dynamisation du marché, d’un effort de sensibilisation de la clientèle, du développement de couloirs de paiement prioritaires et d’un élargissement de l’accès via les établissements financiers participants. Grâce à ses partenariats, le PAPSS affirme déjà pouvoir assurer la réception de paiements auprès de plus de 300 institutions financières.
L’offre repose aujourd’hui sur trois solutions : le système de paiement instantané PAPSS, la plateforme PAPSS African Currency Marketplace et la PAPSSCARD. De nouvelles solutions, actuellement en phase pilote, devraient être dévoilées d’ici la fin de 2026.
Le calendrier est déjà fixé pour la suite. La stratégie de croissance sera approfondie lors de PAPSS COWRY 2026, la conférence annuelle sur les paiements, prévue les 26 et 27 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie, et co-organisée avec la Banque nationale d’Éthiopie. Pour une plateforme adoptée par l’UA comme instrument clé de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’enjeu dépasse la seule technique bancaire : il s’agit de faire des paiements un accélérateur, et non un frein, du commerce intra-africain.





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