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Ethiopian Airlines, un modèle africain et une main mise sur de nombreux pays

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Ethiopian Airlines est devenue la première compagnie du continent. Fondée en 1945, elle a pris une longueur d’avance sur ses concurrents grâce au déploiement d’une stratégie articulée autour de l’augmentation de la taille de la flotte, la création de hubs régionaux, la prise de participations capitalistiques dans de nombreuses compagnies aériennes nationales, la densification du réseau des dessertes aussi bien au niveau du continent qu’à l’étranger et l’établissement des partenariats stratégiques.

Sur le continent, elle apparait comme l’unique compagnie qui tient tête aux opérateurs européens.

Ethiopian Airlines, la compagnie nationale éthiopienne forte de ses 75 ans, renforce d’année en année sa position de leader du transport aérien en Afrique où l’Union africaine travaille sur la mise en place d’un Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA).

Le projet a déjà été paraphé par plusieurs pays, dont bien évidemment l’Ethiopie.

Ce marché unique offre aux compagnies aériennes du continent la possibilité d’embarquer et de débarquer des passagers à des escales intermédiaires. Cette ouverture du ciel va accroitre la concurrence entre les compagnies, notamment entre les plus grandes et les plus présentes au niveau continental. Ethiopian Airlines semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents grâce au déploiement d’une stratégie dont les contours se dévoilent de jour en jour avec plusieurs leviers devant concourir au maintien de sa domination. Parmi ces leviers figurent, entre autres, l’augmentation de la taille de la flotte, la création de hubs régionaux, la prise de participations capitalistiques dans de nombreuses compagnies aériennes nationales, la densification du réseau des dessertes aussi bien au niveau du continent qu’à l’étranger et l’établissement des partenariats stratégiques.

Ethiopian Airlines, 100 appareils avec une moyenne d’âge de 7 ans

Depuis 2010, Ethiopian Airlines a renforcé sa flotte de 32 nouveaux avions. Elle dispose actuellement de près de 100 appareils et de la plus jeune flotte du continent avec une moyenne d’âge des avions de 7 ans et composée majoritairement de Boeing 737, 777 et 787 Dreamliners auxquels s’ajoutent des Airbus A 350. Actuellement, le carnet de commande de la compagnie porte sur 70 appareils, dont une trentaine de 737 Max et une dizaine de A 350-900.

Dans le cadre de la Vision 2025, l’objectif de la compagnie est de disposer d’une flotte de plus de 150 avions.

Pour asseoir sa domination, le pavillon éthiopien poursuit également la densification de son réseau de destinations qui en compte actuellement plus de 150, dont plus de 50 destinations domestiques, régionales et internationales.

Sur le continent, Ethiopian Airlines est la compagnie arienne desservant le plus grand nombre de destinations en couvrant près de 55 villes africaines. Outre Le Caire, la première destination desservie lors du lancement de la compagnie en 1945, le transporteur éthiopien couvre presque tous les pays d’Afrique subsaharienne. Seul le Maghreb échappe encore à la présence du pavillon éthiopien.

Par ailleurs, pour renforcer la desserte continentale, Ethiopian Airlines a ouvert au cours de ces dernières années de nouvelles lignes en Afrique, mais surtout de nouvelles liaisons directes vers l’Europe, les Etats-Unis et l’Indonésie. L’objectif visé est de ravir davantage de clients aux compagnies étrangères (Air France-KLM, British Airways, etc.) qui desservent l’Afrique.

Dans ce cadre, elle a inauguré en 2018 une liaison entre Addis-Abeba, Abidjan et New York, et elle partage depuis ses codes avec Air Côte d’Ivoire, permettant aux passagers de cette dernière de se rendre aux Etats-Unis.

Le cas emblématique de Asky Airlines

Enfin, Ethiopian Airlines multiplie les prises de participations dans des compagnies nationales de nombreux pays dans le but de contrôler le trafic de continuation de sa flotte par des flottes locales, tout en s’appuyant sur de multiples hubs régionaux en plus du hub central d’Addis-Abeba.

Le cas emblématique de cette stratégie est le succès de Asky Airlines, compagnie aérienne panafricaine privée, fondée en 2007, basée au Togo, et dont 40 % du capital sont détenus par la compagnie aérienne éthiopienne qui assure aussi sa gestion.

Asky Airlines couvre actuellement 22 destinations réparties dans 20 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre : Abidjan, Abuja, Accra, Bamako, Bangui, Banjul, Bissau, Brazzaville, Conakry, Cotonou, Dakar, Douala, Freetown, Kinshasa, Lagos, Libreville, Lomé,

Malabo Monrovia, N’Djamena, Niamey, Ouagadougou Yaoundé.

Ethiopian Airlines détient, entre autres, des participations à hauteur de 49 % dans Malawian Airlines et 45 % dans Zambian Airlines. Dans ce sens, elle a créé en partenariat avec l’Etat mozambicain, la nouvelle compagnie Ethiopian Mozambique Airlines.

Elle a d’autres partenariats stratégiques avec Tchadia Airlines basée au Tchad en Afrique du centre-nord ou encore un contrat de gestion avec Ceiba Intercontinental en Guinée équatoriale.

En RD Congo, la compagnie éthiopienne vient de fournir à Air Congo une flotte de 7 aéronefs pour l’amorçage de ses activités, Les appareils devraient permettre à la compagnie d’opérer des vols internationaux en plus des lignes domestiques qui seront ouvertes. Ceci constitue l’un des engagements d’Ethiopian envers la RDC dans le cadre de la mise en place du nouveau transporteur aérien battant pavillon congolais. Le partenariat entre les deux entités, matérialisé sous forme de joint-venture (51% des parts pour l’Etat congolais et 49% pour Ethiopian Airlines), est né de la volonté des autorités congolaises de rompre avec les échecs enregistrés par les anciennes compagnies aériennes du pays.

Le Nigeria également dans le viseur de la compagnie éthiopienne

Autre grand pays du continent dans le viseur de la compagnie publique éthiopienne, le Nigeria. En effet, elle convoite depuis plusieurs années le gigantesque marché de ce pays le plus peuplé d’Afrique pour donner un nouvel élan à son plan d’expansion continental. 

Le groupe Ethiopian Airlines vient d’être sélectionné par les autorités nigérianes pour devenir le partenaire technique et le principal investisseur dans la nouvelle compagnie nationale Nigeria Air où elle devrait détenir 49% due son capital. Elle lui fournira également le personnel technique et administratif ainsi qu’une partie de la flotte, dont des appareils de type Boeing B737 et Bombardier Dash 8-400. Fin juillet dernier, le conseil exécutif fédéral nigérian avait donné son feu vert pour l’acquisition de trois avions qui constitueront la flotte initiale du futur pavillon national, dont le lancement officiel est prévu en juin 2023.   

Aujourd’hui, en dépit de la hausse du coût du carburant et du ralentissement de l’industrie des voyages consécutif à la Covid-19, la compagnie Ethiopian Airlines contrôlée à 100 % par l’Etat affiche une santé financière insolente. Elle a réalisé un bénéfice net de 937 millions de dollars durant l’exercice 2021/2022 (1er juillet-30 juin), en progression de 90% par rapport à l’exercice précédent.  Ses recettes totales ont bondi de 79% pour s’établir à 5 milliards de dollars durant l’exercice écoulé.

Aujourd’hui, Ethiopian Airlines semble être la seule compagnie africaine à tenir tête aux compagnies européennes sur le continent où 80% du trafic est assuré par des compagnies non africaines.

Dominé par les compagnies internationales, le marché africain souffre de l’absence de players africains de taille suffisante pour offrir des tarifs plus compétitifs. Sur un vol aller-retour Paris-New York, Air France facture ses services 17 centimes d’euros par kilomètre. Le chiffre s’envole à plus de 40 centimes par kilomètre pour les passagers à destination de Brazzaville. Pour beaucoup d’experts du transport aérien, «ces écarts sont avant tout dus aux dépenses de carburant, aux assurances et à la maintenance des avions. Elles sont plus élevées en Afrique.» Ce n’est qu’une partie de l’explication.

Pendant qu’au niveau mondial, la tendance est à la concentration, ce qui se traduit sur le terrain par le rapprochement des mastodontes occidentaux pour devenir encore plus grands et plus concurrentiels. Dans le ciel africain, on observe, ces dix dernières années, le mouvement inverse avec la multiplication de compagnies nationales.

 

Dakar : L’AIBD, un aéroport pour améliorer le rayonnement régional de Dakar

Aéroport International Blaise Diagne de Dakar

Aéroport International Blaise Diagne de Dakar

Près de 2,5 millions de passagers traités par an, depuis son lancement le 7 décembre 2017. Plus d’une trentaine de compagnies desservant l’Amérique, l’Europe et le Moyen-Orient. Une organisation tournée vers les nouveaux défis de sûreté et de développement durable. L’aéroport Dakar Blaise Diagne semble se porter bien.

Au niveau de la qualité des services, l’aéroport est dans les niveaux B de l’IATA, l’Association internationale du transport aérien. Pour une meilleure satisfaction client, l’AIBD a établi un système de suivi en temps réel avec le déploiement de 79 «Smiley box», positionnés dans des endroits stratégiques de l’aéroport, notamment dans les zones : information desk, toilettes, contrôle sureté, check-in, immigration police, embarquement, salon VIP, restaurants, commerces… Ceux-ci permettent de recueillir l’impression des usagers tout au long de leur parcours avant d’embarquer. AIBD revendique plus de 85% de satisfaction client.

L’aéroport s’est inscrit dans une démarche de développement durable depuis sa mise en service avec le déploiement de plusieurs stratégies. Il s’est engagé dans la démarche ACA (Airport carbon accreditation), qui est un programme lancé en 2009 et porté dans ses débuts par ACI (Airport council international) Europe. C’est la principale référence internationale reconnue pour la gestion des émissions de carbone des aéroports.

L’AIBD dont le Sénégal s’est doté, pour un coût de 525 millions d’euros, dans son fonctionnement, déploie un plan de gestion carbone avec plusieurs actions programmées qui privilégient le recyclage et les énergies renouvelables.

Aujourd’hui, cette infrastructure aéroportuaire de pointe a également un effet catalyseur sur l’émergence de petites et moyennes entreprises, pour attirer de nouveaux investissements étrangers et pour optimiser le potentiel touristique du Sénégal.

Doté d’un terminal de passagers de 42 000 m² et d’un terminal de fret de 12 800 m² conçus pour accueillir 50 000 tonnes de fret et 80 000 mouvements d’avions par an, le nouvel aéroport répond au problème persistant de capacité des aérogares, offre une solution à long terme à l’activité économique intra-africaine, et résout le problème récurrent du faible niveau de connectivité aérienne en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale. 

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