World Connect 2025
A la tête d’APG Maroc, Abdou Jaidi décrypte les spécificités d’un marché aérien en pleine expansion, porté par le tourisme, la diaspora et son rôle de hub intercontinental. Entre innovation, digitalisation et adaptation locale, il expose comment APG Maroc accompagne les compagnies étrangères dans leur développement, tout en consolidant la position du Royaume comme carrefour stratégique du transport aérien mondial.
“Le Maroc est un marché à la fois dynamique et complexe”
AFRIMAG : APG Maroc fait partie d’un réseau mondial couvrant 170 pays et représentant plus de 200 compagnies aériennes. Comment décririez-vous la spécificité du marché marocain dans cette dynamique internationale ?
Abdou Jaidi : Le marché marocain a une configuration particulière. D’un côté, il est porté par un tourisme international en expansion continue et par une diaspora très active qui génère un trafic structurant. De l’autre, il joue un rôle de hub vers l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Afrique de l’Ouest & subsaharienne en général, ce qui lui donne une dimension mondiale. Cette combinaison crée un marché dynamique, mais aussi complexe, car il conjugue des besoins très différents : loisirs, ethniques, & affaires. La distribution y reste dominée par les agences et consolidateurs, tandis que les OTA (Agences de Voyage en Ligne) progressent sans encore remplacer l’intermédiation. Enfin, l’environnement réglementaire, notamment en matière de rapatriement de fonds et de fiscalité, impose une expertise fine. C’est cette somme de facteurs qui fait du Maroc un marché singulier au sein du réseau APG.
AFRIMAG : Le réseau APG est reconnu pour sa capacité à faire le lien entre les compagnies aériennes et les marchés locaux. Quelles sont, selon vous, les attentes des transporteurs internationaux vis-à-vis d’un acteur comme APG Maroc ?
Abdou Jaidi : Les transporteurs internationaux recherchent trois choses principales. D’abord, un accès rapide et efficace au marché, avec un plan d’action concret qui leur permette d’obtenir des résultats visibles dès les premiers mois. Ensuite, une maîtrise des contraintes locales, qu’elles soient réglementaires, fiscales ou opérationnelles, car ce sont souvent des sujets sensibles pour une compagnie étrangère. Enfin, une représentation crédible et proactive, capable de défendre leurs intérêts auprès des agences, des institutions et des partenaires stratégiques. En clair, ils attendent de nous que nous soyons à la fois un relais commercial, un garant de conformité et un conseiller stratégique.
AFRIMAG : Le World Connect, auquel vous participez cette année encore, est devenu une référence dans le secteur du transport aérien. Qu’est-ce qui rend cet événement si particulier et si utile pour un dirigeant comme vous ?
Abdou Jaidi : Le World Connect est bien plus qu’une conférence. C’est un lieu où l’on condense, en quelques jours, l’équivalent de plusieurs mois de travail sur le terrain. On y retrouve des dirigeants de compagnies aériennes, des régulateurs, des partenaires commerciaux et institutionnels. Les échanges sont directs, pragmatiques et souvent décisifs. C’est aussi un moment où l’on capte les tendances lourdes du secteur, qu’il s’agisse de distribution, de digitalisation, de nouvelles pratiques tarifaires ou de stratégies de croissance. Pour un dirigeant, c’est une plateforme unique pour élargir sa vision et accélérer ses décisions.
AFRIMAG : Le thème de cette 16e édition, «Le pouvoir de la communication,» résonne particulièrement dans un contexte post-crise. Comment APG Maroc accompagne-t-il ses partenaires aériens dans l’amélioration de leur communication sur le marché marocain ?
Abdou Jaidi : La communication est désormais un levier aussi stratégique que le pricing ou la distribution. Les compagnies arrivent avec un discours global, mais ce discours doit être traduit et adapté au marché marocain. Cela implique non seulement la langue, mais aussi les codes culturels, le calendrier local et les attentes spécifiques des agences et des passagers. Notre rôle est de rendre ce message clair, crédible et opérationnel. Cela passe par des campagnes ciblées, par des outils de formation pour les distributeurs, mais aussi par une gestion rigoureuse de la communication en période de crise. Ce qui compte, ce n’est pas de communiquer pour communiquer, mais de le faire de façon à soutenir les ventes et à renforcer la confiance.
AFRIMAG : En tant que représentant local, vous êtes souvent le premier relais des messages des compagnies étrangères. Quels sont les principaux défis de communication que vous identifiez entre les compagnies et les acteurs du voyage au Maroc ?
Abdou Jaidi : Le premier défi est la diversité des acteurs en présence. Entre les agences traditionnelles, les consolidateurs, les OTA et les TMC, chacun a des attentes différentes et un niveau de maturité digitale inégal. Le deuxième défi, c’est la complexité croissante des règles tarifaires et opérationnelles, qui sont parfois mal comprises et génèrent des tensions. Enfin, notre rôle central est de fluidifier cette communication, entre les agences de voyages et les compagnies aériennes, en fournissant une information fiable et actualisée, et de créer un cadre de confiance qui évite les malentendus.
AFRIMAG : Enfin, dans un marché marocain en pleine croissance touristique et aérienne, quels axes de développement voyez-vous pour APG Maroc dans les années à venir, notamment en matière d’innovation et de communication ?
Abdou Jaidi : Nous avons identifié quatre axes prioritaires. D’abord, l’exploitation de la data et des outils digitaux pour offrir aux compagnies une lecture fine de leur performance marché par marché. Ensuite, l’accompagnement dans le déploiement du NDC et des nouveaux modèles de distribution, qui doivent être adaptés au contexte marocain. Troisième axe : le développement de solutions d’interline et de connectivité via APG Airlines sous le code GP-275, qui permettent d’élargir les options de voyage pour les passagers et d’augmenter les ventes, à des tarifs très compétitifs du fait que l’ensemble du parcours est émis sur 1 seul billet. Enfin, la communication, avec la création de dispositifs plus adaptés et plus réactifs, capables de parler efficacement à des publics très différents. Notre ambition est de faire du Maroc non seulement un marché solide, mais aussi un laboratoire de solutions exportables vers d’autres pays de la région.

![Édito | Transport aérien : faut-il avoir peur de la guerre dans le Golfe ? [Par Jean-Louis Baroux] Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Zour-320x173.jpg.webp)



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