En 2025, les start-up africaines ont levé environ 3,1 milliards de dollars US, selon des données que vient de publier la plateforme Launch Base Africa. Ce montant marque une nette progression par rapport aux 2,2 milliards de dollars levés en 2024, et un regain d’intérêt des investisseurs pour les projets tech sur le continent après un coup de froid lié notamment à la hausse des taux d’intérêt mondiaux et à la prudence des fonds internationaux.
Les financements restent concentrés sur un petit cercle de pays avec une redistribution des cartes au niveau régional. Ainsi, le Nigeria n’est plus la première place en matière de capital-risque en Afrique. Le géant anglophone se classe désormais 4e sur le continent avec 410,1 millions de dollars captés en 2025. Il est détrôné par le Kenya qui devient la première destination de capital-risqueurs en Afrique. Les start-up kényanes ont levé 933,6 millions de dollars en 2025. Une performance qui s’explique en grande partie par des opérations dans les secteurs de l’énergie et de la mobilité électrique. Par ailleurs, le Kenya a concentré à lui seul près d’un 1/3 des montants levés en Afrique.
L’Afrique du Sud progresse et occupe la 2e place avec 625,7 millions de dollars levés en 2025. Le pays continue de bénéficier d’un environnement financier structuré, d’investisseurs locaux actifs, et d’un accès plus large aux marchés internationaux. L’Egypte est à la troisième position avec 430 millions de dollars levés. Le pays maintient une forte présence dans les domaines de la fintech, de la logistique et des services numériques. Avec 154,2 millions de dollars levés en 2025, le Sénégal et sa 5e place, traduisent une diversification progressive des pôles d’innovation sur le continent.
Le recul du Nigeria s’explique principalement par des facteurs macroéconomiques. La dévaluation continue du naira a réduit la capacité des start-up à générer des revenus en dollars, exigés par les fonds de capital-risque internationaux. Par ailleurs, l’inflation élevée a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation a affecté en priorité les start-up orientées vers les consommateurs, notamment dans la fintech et le commerce en ligne où les volumes de transactions et les marges sont sensibles aux revenus disponibles.





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