Pékin a promis de renforcer son projet des Nouvelles routes de la soie au sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) entre chefs d’Etat et gouvernement africains et leur homologue chinois Xi Jinping qui se tient cette semaine du 4 au 6 septembre à Pékin
L’Afrique est déjà une région clé de ce projet lancé sous l’impulsion du président chinois Xi Jinping.
Les entreprises chinoises ont signé des contrats d’une valeur cumulée de plus de 700 milliards de dollars US entre 2013 et 2023, selon le ministère chinois du Commerce.
Les Nouvelles routes de la soie sont parfois accusées d’alourdir la dette des pays ou de financer des projets d’infrastructure qui nuisent à l’environnement.
Les cinq projets clefs en Afrique :
Standard Gauge Railway au Kenya
Le projet ferroviaire du Standard Gauge Railway (SGR), financé par un prêt de la Banque d’exportation et d’importation de Chine (Exim bank), relie la capitale Nairobi à la ville portuaire de Mombasa. En modernisant la ligne de chemin de fer, il a permis de réduire les temps de trajet de dix à quatre heures depuis son ouverture en 2017. Il s’agit du projet d’infrastructure le plus coûteux du pays depuis son indépendance il y a plus de 60 ans. Son coût est estimé à 5 milliards de dollars US. Le projet a fait l’objet d’allégations de corruption, et des défenseurs de l’environnement ont mis en question le fait que les voies traversent un parc animalier. L’an dernier, le président kényan William Ruto a demandé à la Chine un prêt d’1 milliard de dollars US et la restructuration de la dette existante, pour relancer d’autres projets avec Pékin qui étaient au point mort. Le Kenya doit aujourd’hui rembourser plus de 8 milliards de dollars à la Chine.
Port de Doraleh à Djibouti
Après avoir établi en 2016 sa première base militaire à Doraleh, à quelques kilomètres à l’ouest de la capitale Djibouti, la Chine a également aidé au développement du port voisin.
La base navale aurait coûté 590 millions de dollars et est stratégiquement placée entre la mer Rouge et le golfe d’Aden.
Pékin a déclaré l’utiliser pour réapprovisionner les navires de sa flotte, appuyer les opérations régionales de maintien de la paix, et lutter contre la piraterie, bien que sa proximité avec une base américaine ait suscité des inquiétudes en matière d’espionnage.
En 2018, le gouvernement djiboutien a pris la décision de résilier le contrat de concession de l’entreprise dubaïote DP World pour le port de Doraleh. L’augmentation de la participation de la China Merchants Port Holdings, filiale d’un conglomérat d’Etat chinois basée à Hong Kong, à la suite de cette annonce, a déclenché un litige judiciaire.
Le plus long pont suspendu d’Afrique au Mozambique
Au Mozambique, la China Road and Bridge Corporation a construit le plus long pont suspendu d’Afrique, reliant la capitale Maputo à sa banlieue de Catembe sur environ trois kilomètres.
Avant ce pont, le trajet le plus rapide se faisait par ferry, et par la route il fallait parcourir 160 km sur des routes non-goudronnées et inondables.
Il a été inauguré en 2018 et a coûté environ 786 millions de dollars, financé à 95% par des emprunts contractés auprès d’organismes chinois, notamment l’Exim Bank.
Des critiques ont suggéré que le projet était surévalué et que les taux d’emprunt étaient excessifs.
7,8 milliards de dollars dans l’exploitation minière en Afrique
La Chine a investi 7,8 milliards de dollars dans l’exploitation minière en Afrique en 2023, selon le think tank néoconservateur américain American Enterprise Institute.
L’entreprise publique MMG a racheté la mine de cuivre de Khoemacau au Botswana, l’une des plus grandes du monde, pour 1,9 milliard de dollars la même année.
En juillet, le chinois JCHX Mining Management a pris 80% des parts dans la mine de cuivre endettée de Lubambe en Zambie, pour seulement deux dollars symboliques. L’Etat zambien a annoncé que l’entreprise prévoyait d’y investir 300 millions de dollars pour la relancer.
La Chine a également investi dans des mines de cobalt et de lithium en Zambie, Namibie et au Zimbabwe.
Elle investit également dans des compagnies minières au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, mais le gouverneur de la province a décidé en juillet de suspendre toutes les activités du secteur afin de « remettre de l’ordre dans l’exploitation de minerais ».
La construction d’une centrale à charbon à Lamu, au Kenya, a été annulée en 2020 par le gouvernement en raison des oppositions liées à son impact sur l’environnement.
En 2021, Xi Jinping a annoncé que la Chine ne soutiendrait plus la construction de centrales à charbon à l’étranger.
Dans la foulée, des fonds chinois ont retiré leur soutien à un projet lié au charbon au Zimbabwe, et à la place financé l’expansion de la centrale hydroélectrique de Kariba.
Centrale électrique de Mambila au Nigeria
Au Nigeria, les prêts chinois financent en partie la construction de la centrale hydroélectrique de Mambilla, d’une valeur de 4,9 milliards de dollars, qui sera la plus grande du pays.
Avec AFP









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