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GAZ en Mauritanie : L’ombre d’Aziz plane toujours

Le départ de Mohamed Ould Abdel Aziz de la présidence mauritanienne n’aura pas suffi pour faire taire la polémique que suscite l’octroi de juteux marchés dans la mise en place des infrastructures d’exploitation de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), champ gazier que British Petroleum s’apprête à exploiter sur la frontière maritime entre la Mauritanie et le Sénégal.

Mohamed Ould Abdel Vettah, ministre mauritanien du Pétrole

Mohamed Ould Abdel Vettah, ministre mauritanien du Pétrole

Le maintien du ministre du Pétrole, de l’énergie et des mines, Mohamed Ould Abdel Vettah dans le gouvernement formé par Ismail Ould Bodde Ould Cheikh Sidiya, est vu, par bon nombre d’observateurs, comme un «cadeau» fait à l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, dont le départ, avant la mise en exploitation du projet GTA ne devrait avoir aucune conséquence sur le dispositif que lui et son jeune ministre avaient conduit de bout en bout. Cela rassure également les hommes d’affaires mis en avant par le président sortant dans les grands projets d’infrastructures de la décennie 2009-2019.

L’implication des entreprises nationales, comme prestataires de service, engagées par BP par le biais de la société Eiffage, est circonscrite, selon les informations qui circulent sur les réseaux sociaux, à quelques hommes d’affaires proches de l’ancien président. Il s’agirait, pour un coût de 20 milliards d’ouguiyas, distribuer sur quatre sociétés, de la fourniture de  2,5 millions de tonnes de matériaux de carrière nécessaires au terrassement sous-marin pour la réalisation un brise-lames constitué de 21 caissons en béton de 16 500 tonnes chacun, chargé de protéger les installations. 

Les heureux élus sont les hommes d’affaires dont les noms revenaient de manière récurrente durant la décennie 2009-2019 : le président du patronat, Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, Mohyedine Ould Ahmed Saleck patron du Groupe Sahraoui, dont la société Najah avait réalisé le très controversé aéroport Oumtounsy et l’homme d’affaires et député Ould Tanji.

GAZ mauritanieLe milieu des affaires mauritanien, craint fort que ces privilèges ne soient que le début d’une mainmise sur les marchés que BP et Kosmos Energy pourraient céder à la Mauritanie, exactement comme cela a été le cas avec les contrats passés avec la SNIM (fer), Taziast (or) et MCM (cuivre) depuis l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Reçu, le 28 août 2019 par le président Mohamed Ould Ghazouani, le Président directeur général de BP, Bernard Looney, était sans doute venu s’assurer que les nouvelles autorités publiques mauritaniennes n’envisagent pas de perturber le montage économique déjà convenu entre son entreprise, qui a repris 60% des parts de Kosmos Energy, la Mauritanie et le Sénégal.

Du côté du Sénégal, les choses semblent aussi suivre leur cours normal. Le parquet vient en effet de prononcer un non-lieu au profit d’Aliou Sall, le frère du président, accusé d’avoir reçu des pots-de-vin d’un montant de 250 000 dollars (150 millions de Fcfa) dans ce que les médias sénégalais avaient  appelé le scandale Pétro-Tim.

Sans preuves selon le parquet de Dakar, cette affaire révélée par BBC n’aura donc eu, pour effets immédiats, que la démission d’Aliou Sall de la Direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Réconforté par cette décision de justice, le gouvernement sénégalais ne compte pas revoir son dispositif juridique en matière de gestion des ressources en hydrocarbures. Les appels de l’opposition et de la société civile « pour modifier et rendre plus transparents les contrats d’exploitation du gaz naturel découvert sur la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie » ne seront donc pas entendus par le COS-Petrogaz, le comité gouvernemental chargé des politiques pétro-gazières.

Au Japon, la rencontre entre le président Macky Sall et le nouveau Premier ministre mauritanien, Ismail Ould Bodde Ould Cheikh Sidiya, en marge des travaux de la 7ème TICAD (Conférence Internationale sur le Développement de l’Afrique de Tokyo) a probablement eu, comme principal sujet de discussion, l’accord de coopération signé le 9 février 2018 à Nouakchott entre la Mauritanie et le Sénégal portant sur les réserves de Grand Tortue-Ahmeyim et qui devront alimenter le Sénégal et la Mauritanie en gaz dès 2022, selon un partage équitable entre les deux pays. L’exploitation de GTA pourrait durer trente-cinq ans. Le projet doit, selon BP, permettre de produire 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en moyenne par an.

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