Cyril Ramaphosa a finalement exprimé la position de son pays sur la Russie : “Nous ne devrions pas être informés par quiconque avec qui nous pouvons nous associer”, a-t-il déclaré aux confrères de Sahara Reporters.
Après ses vérités aux Nations Unies, le président sud-africain souligne la politique de longue date de non-alignement de l’Afrique du Sud sur les grandes puissances mondiales. Une riposte face à l’immense pression des USA, où le fameux texte : » Projet de loi sur la lutte contre les activités malveillantes de la Russie », actuellement en cours d’examen au Congrès, prévoirait imposer des sanctions aux pays africains qui ont des relations économiques avec Moscou.
Ramaphosa déclare donc : « En tant que pays africains, nous sommes très fiers de notre souveraineté et ne devrions être informés par quiconque avec qui nous pouvons nous associer. Et nous ne devrions jamais être mis dans une position où nous devons choisir qui sont nos amis… Alors nous refusons de le faire ».
Étant l’unique membre africain du G20 et des Brics, le rejet par l’Afrique du Sud de l’intimidation américaine a du poids.
L’Afrique opte pour l’abstention
D’autres nations africaines ont adopté le refus de se plier à la pression occidentale sur la Russie même face à l’Union européenne qui a un texte similaire en sourdine. L’histoire reste la motivation première, car l’ex Union soviétique, Cuba et d’autres pays socialistes ont aidé l’Afrique à se débarrasser du joug colonial. L’URSS a facilité la formation des combattants pour la libération de pays comme la Zambie, le Zimbabwe, le Mozambique, l’Angola, la Namibie, la Tanzanie et l’Afrique du Sud contre l’apartheid.
Filiation économique
La Russie reste un allié central en dotation militaire. Le fusil d’assaut russe Kalachnikov, l’AK47, fait même partie des armoiries du Mozambique et du Zimbabwe. L’Afrique reste un importateur majeur d’armes et d’équipements militaires russes : sous les projecteurs, le Mali qui défie l’occident avec le soutien du Kremlin appuyé dans l’ombre par Wagner.
Ainsi, Moscou fait office de contre poids contemporain à la domination occidentale. Assez de pays africains dépendent de l’énergie, des céréales, des engrais et des armes russes. Mieux, ils préfèrent l’approche russe de non-ingérence à celle de l’Occident. Idem pour la Chine qui n’impose pas de conditions au commerce mais traite les pays africains comme des partenaires égaux et souverains.
Cependant, les restrictions de l’Union européenne contre toute fourniture d’engrais russes à des pays tiers, signifient arrêt de transport d’engrais, de transbordement, d’assurance et d’assistance technique. Cette interdiction viole directement le protocole d’accord signé en Turquie en juillet dernier, entre la Russie et l’ONU pour faciliter l’approvisionnement des engrais russes aux marchés mondiaux.
D’ailleurs, le président Vladimir Poutine, se dit prêt à faire don aux pays africains de 300 000 tonnes d’engrais bloqués dans les ports européens à cause des sanctions.
Le forum de partenariat Russie-Afrique est prévu pour avril 2023.
Selon les informations du confrère Jeune Afrique, le numéro 1 russe l’a expliqué à son homologue malien le Colonel Assimi Goïta lors d’un entretien téléphonique le 4 octobre, en même temps qu’il lui a formulé une invitation à y participer.
Enfin, la Russie soutient la restructuration de l’ONU pour une inclusion plus égale des pays africains, en leur donnant des sièges permanents et une plus grande influence.
D’ailleurs, la plupart des pays africains se sont abstenus lors du vote visant à condamner la Russie lors d’une réunion spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies.
L’affirmation de soi de l’Afrique du Sud reflète la position croissante des pays du Sud optant pour la neutralité et l’autonomie stratégique.





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