Avec l’assistance technique de la Banque mondiale, Conakry travaille sur le déploiement d’un système de paiement de type Mpesa. L’objectif des autorités monétaires est de réduire le poids écrasant du cash dans l’économie et par ricochet, réaliser des économies sur le coût de fabrication des billets de banque et lutter contre l’évasion fiscale.
La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) vient de présenter à la Commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire du Conseil national de la Transition (le Parlement provisoire), les grandes lignes de sa stratégie afin de réduire le poids du cash dans l’économie. Selon le schéma envisagé, il s’agit d’un système de paiement marchand inspiré des modèles comme M-Pesa au Kenya, avec l’appui de la Banque mondiale. «Il vise à ancrer la monnaie électronique dans les habitudes des Guinéens,» souligne la Banque centrale dans un communiqué.
Promouvoir les paiements digitaux
La Guinée compte actuellement 11 établissements agréés de monnaie électronique (EME). Selon les données officielles, 26% des Guinéens majeurs disposent d’un compte de monnaie électronique. Au cœur de sa stratégie, la Banque centrale veut limiter les paiements en espèces, tout en faisant la promotion des paiements digitaux auprès de la population. Dans ce sens, le gouvernement l’avait anticipée en août dernier en décrétant le bannissement du cash dans les transactions courantes de l’administration.
La BCRG entend également opérationnaliser le switch national pour l’interopérabilité entre opérateurs financiers. Celui-ci permettra de faciliter les transactions entre banques, établissements de monnaie électronique, organismes de microfinance, opérateurs de paiements et fintechs.
Restaurer la confiance dans le système bancaire
Pour la Banque centrale, inciter à l’usage de la monnaie électronique, c’est surtout réduire le coût de l’émission fiduciaire et apporter une réponse structurelle à la pénurie de billets de banque qui frappe régulièrement le pays. En août 2025 par exemple, les autorités monétaires ont dû commander d’urgence des cargaisons de billets de banque pour l’équivalent de 1.400 milliards de francs guinéens (161 millions de dollars).
Les autorités monétaires ont révélé que 94% des billets émis ne reviennent jamais dans le circuit bancaire, ils restent thésaurisés chez les commerçants, les ménages et l’économie informelle.
A moyen terme, la Banque centrale espère transformer structurellement les habitudes de paiement des opérateurs économiques et de la population. Reste à restaurer la confiance dans le système bancaire et à développer une infrastructure de paiement mobile fiable.
![Édito | Transport aérien : faut-il avoir peur de la guerre dans le Golfe ? [Par Jean-Louis Baroux] Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Zour-320x173.jpg.webp)




Guinée



![Tribune | : Puissance, droit et imagination : pour une lecture francophone de la coercition économique [Par Benoist Mallet Di Bento]](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/04/Coercition-1-1-450x253.jpg)
![Éclairage | Taxer le mobile money : l’erreur que l’Afrique s’apprête à répéter [Par Fiacre E. Kakpo]](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/monetique-450x253.jpg.webp)
