Nhamatanda (Mozambique), 3 septembre 2026 — Les présidents Daniel Chapo (Mozambique) et Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe) ont donné, ce 3 septembre 2026, le coup d’envoi d’une expansion majeure du corridor pétrolier Beira-Harare. L’opération portera la capacité annuelle du pipeline CPMZ de 3 à 5 millions de mètres cubes d’ici fin 2027, soit une hausse de 67 %, et injectera près de deux milliards de litres supplémentaires par an dans les réservoirs de l’Afrique australe.
Un axe stratégique qui ne connaît pas la crise
Long de 294 kilomètres, le pipeline Beira-Feruka (opéré par la Companhia do Pipeline Moçambique-Zimbabwe, CPMZ) constitue l’une des rares artères pétrolières par pipeline du continent africain. Alors que 83 % des produits pétroliers en Afrique subsaharienne transitent encore par camion, le corridor Beira-Harare fait figure d’exception. Il relie le port de Beira, sur l’océan Indien, à Feruka (Zimbabwe), avant de poursuivre son itinéraire vers Harare via la Petrozim Line.

La Phase 2 du projet prévoit la construction de deux nouvelles stations de pompage — à Nhamatanda (province de Sofala) et à Messica (province de Manica) — sans interruption des opérations quotidiennes. « L’expansion du pipeline CPMZ est un investissement important dans l’infrastructure du Mozambique et dans la sécurité énergétique de notre région », a déclaré le président Chapo du Mozambique lors de la cérémonie de pose de la première pierre.
Du local au régional : une ambition qui dépasse les frontières
Si le pipeline dessert en priorité le Mozambique et le Zimbabwe, son rayon d’action s’étend bien au-delà. Les pays enclavés de la région : Zambie, Malawi, Botswana et République démocratique du Congo, dépendent en grande partie de cette voie pour leurs approvisionnements en diesel, essence et kérosène (jet fuel). La hausse des arrivées de produits raffinés à Beira, déjà en augmentation de plus d’un tiers pour atteindre 60 000 barils par jour, témoigne d’une demande régionale en forte croissance.
Selon le cabinet Citac, la consommation d’essence en Afrique subsaharienne devrait grimper de 50 % d’ici 2040, et celle de gasoil de 59 %. Le continent, en pleine démographie galopante, a besoin d’infrastructures à la hauteur de ses ambitions.
Une trajectoire de croissance continue
Le parcours de CPMZ est celui d’une entreprise qui ne cesse de dépasser ses propres records. Après une rénovation totale de la conduite entre 2008 et 2014, la société a entamé une expansion en plusieurs phases :
• 2014 : capacité initiale de 1,6 million de m³/an
• 2024 : passage à 3 millions de m³/an (Phase 1)
• 2027 : objectif de 5 millions de m³/an (Phase 2 en cours)
Et CPMZ ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Des études de faisabilité sont déjà en cours pour évaluer le remplacement de la conduite actuelle de 10 pouces par un diamètre plus large, capable de satisfaire la demande régionale jusqu’en 2050. Une extension du pipeline de Harare à Lusaka, vers le Copperbelt zambien, est également à l’étude.
Mozambique, plaque tournante de l’énergie australe
Avec ce projet, le Mozambique consolide son statut de passerelle stratégique pour le commerce régional. « En renforçant la connexion entre le port de Beira et l’arrière-pays de l’Afrique australe, nous renforçons le rôle du Mozambique comme porte d’entrée stratégique pour le commerce régional », a ajouté le président Chapo. L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large : un projet de pipeline Mozambique-Zambie de 1,5 milliard de dollars a également été annoncé récemment, renforçant la position de Maputo comme fournisseur énergétique incontournable de la SADC.

Pour le Zimbabwe, partenaire historique de CPMZ (la société est détenue à 50 % par l’État mozambicain et à 50 % par des actionnaires privés ), l’expansion représente une opportunité de transformer Harare en hub de distribution majeur pour l’intérieur du continent.
À retenir
• Capacité actuelle : 3 millions de m³/an
• Capacité cible (fin 2027) : 5 millions de m³/an (+67 %)
• Longueur du pipeline : 294 km (Beira-Feruka)
• Produits transportés : diesel, essence, kérosène
• Pays desservis : Mozambique, Zimbabwe, Zambie, Malawi, Botswana, RDC
• Investissements futurs : extension possible à 8–10 millions de m³/an, étude d’une ligne Harare-Lusaka


![Tribune | Commerce intra-africain : l’Afrique a la clé, il faut juste tourner la serrure [*Par Awani, Vice-présidente exécutive, Afreximbank] Selon le rapport Africa in Figures 2025 de l'Afreximbank, le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) devrait encore accélérer la cadence.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Transbordement--320x168.jpg)


Mozambique
Zimbabwe
![Tribune | Commerce intra-africain : l’Afrique a la clé, il faut juste tourner la serrure [*Par Awani, Vice-présidente exécutive, Afreximbank] Selon le rapport Africa in Figures 2025 de l'Afreximbank, le commerce intra-africain a progressé de 5,4 % en 2024 pour atteindre 206,6 milliards de dollars. La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) devrait encore accélérer la cadence.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Transbordement--450x236.jpg)




