La Banque centrale des Comores a accordé une licence d’Institution financière digitale décentralisée à AXIAN, ouvrant la voie à la création de la première institution financière entièrement digitale et régulée du pays. Cette nouvelle structure proposera des services de crédit accessibles par téléphone mobile et renforcera l’inclusion financière dans le pays
Une initiative encadrée par la régulation nationale
La densité d’agences bancaires reste limitée aux Comores, et une partie importante de la population demeure en dehors du circuit traditionnel. L ’introduction de ce nouvel acteur digital régulé constitue une évolution notable du paysage financier local. La nouvelle structure opérera de manière distincte des activités de mobile money déjà présentes sur le marché (MVola, Airtel, Orange Money), tout en venant compléter l’écosystème existant.
L’autorisation délivrée par la Banque centrale des Comores permet la création d’une entité opérant sous supervision prudentielle, avec l’ensemble des exigences de conformité, de gouvernance et de gestion des risques applicables aux institutions financières du pays. Il s’agit de la première institution financière du pays conçue dès l’origine comme entièrement digitale, sans réseau d’agences physiques. Le modèle dit «branchless» repose sur une distribution exclusivement mobile, avec des parcours clients dématérialisés.
Cette décision s’inscrit dans la dynamique engagée par la Banque centrale en faveur de la modernisation du système financier national et de l’élargissement de l’accès aux services financiers formels.
Des solutions de crédit accessibles par téléphone mobile
Dès son lancement, la nouvelle entité d’AXIAN proposera des nano-crédits et des micro-crédits accessibles directement via téléphone mobile. Le traitement des demandes et le décaissement sont annoncés comme largement digitalisés, avec des délais réduits par rapport aux circuits bancaires traditionnels. Ces produits de crédit de court terme visent à répondre à des besoins de trésorerie ponctuels : fonds de roulement pour petits commerçants, dépenses de santé, frais de scolarité ou soutien à des activités économiques informelles. D’autres produits devraient être introduits progressivement, en fonction des besoins identifiés.
Pour Erwan Gelebart, CEO du pôle Digibank & Fintech d’AXIAN, cette évolution permet «qu’un particulier ou un agriculteur à Anjouan puisse accéder à un nano-crédit directement depuis son téléphone mobile, sans avoir à se déplacer jusqu’à une agence bancaire.» Dans un pays qui ne compte que quelques dizaines d’agences physiques, les solutions digitales deviennent un outil d’inclusion financière.
En combinant distribution mobile et activité financière régulée, l’initiative pourrait contribuer à élargir progressivement l’accès aux services financiers formels pour les Comoriens. Selon le groupe, relier les paiements mobiles, l’historique des transactions et l’accès au crédit numérique aidera les petits commerçants et les travailleurs indépendants à développer leur activité, tout en facilitant leur entrée progressive dans le système financier officiel. Pour rappel, le taux de pénétration des services bancaires aux Comores approchait les 40% en 2024.






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