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Industrie minière : La Mauritanie au cœur du jeu mondial

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  • Pour cette troisième édition de Mauritanides 2014, qui débute le 13 octobre et se termine le 15, ils seront quelque 1 000 professionnels des secteurs minier et pétrolier et plus d’une centaine d’exposants provenant de plus de 30 pays dont les principaux acteurs présents en Mauritanie, à arpenter les allées du Centre International des Conférences de Nouakchott
  • Bien qu’ayant une tradition minière, la Mauritanie n’apparaissait guère dans le radar des investisseurs étrangers jusqu’au début des années 2000. Mais aujourd’hui la SNIM n’est plus seule : plusieurs groupes privés sont venus s’installer, notamment Kinross à travers Tasiast
Kinross Tasiast en Mauritanie

Kinross Tasiast en Mauritanie

Depuis maintenant six ans, tous les deux ans, des investisseurs internationaux, des experts dans les mines et le pétrole, des responsables d’institutions financières, des décideurs mauritaniens, des partenaires de développement et des donateurs, ainsi que d’autres acteurs et partenaires clés de l’industrie minière et pétrolière vont converger vers la Mauritanie, à l’occasion de leur traditionnelle conférence et exposition sur les secteurs minier et pétrolier mauritaniens (Mauritanides 2014). Pour cette troisième édition, qui débute le 13 octobre et se termine le 15, ils seront quelque 1 000 cadres du secteur et plus d’une centaine d’exposants provenant de plus de 30 pays, comprenant tous les acteurs principaux des secteurs minier et pétrolier de la Mauritanie, à arpenter les allées du Centre international des conférences de Nouakchott. Au menu de l’événement, organisé par le ministère du Pétrole, de l’Energie et des Mines de Mauritanie en partenariat avec l’organisateur britannique d’évènements AME Trade Ltd, trois jours de sessions plénières, des ateliers techniques, des expositions ainsi que des visites de sites miniers de la Mauritanie. Mauritanides 2014 agira comme une plateforme d’échange d’expériences, de débats et de construction de partenariats commerciaux et de coopération qui mèneront à des conclusions et recommandations destinées à améliorer le développement de la richesse du sous-sol mauritanien et de son développement durable. La vocation de cette grand-messe est d’informer les participants des grandes potentialités minières et pétrolières dont dispose le pays. Elle constitue, selon ses promoteurs, une occasion pour expliquer le climat propice pour les investissements qui existe dans le pays, « grâce à un cadre juridique et organisationnel incitatif mais aussi à la stabilité politique et à la sécurité dont jouit la Mauritanie ».

Il faut dire que les pouvoirs publics mauritaniens ne s’en cachent pas : avec les importantes ressources minières dont dispose leur pays, elles veulent doper ce secteur, devenu ces dernières années le premier poste d’exportation, détrônant dans la foulée la pêche, en attirant les investisseurs étrangers.

L’espoir renait avec les mines

Engagé depuis 13 ans dans un effort important de relance des investissements, le pays en récolte maintenant les premiers fruits : aujourd’hui le fer et l’or, et demain, les diamants, le cuivre, le titane, le palladium… Résultat : les mines ressuscitent l’espoir en Mauritanie.

Bien qu’ayant une tradition minière, la Mauritanie n’apparaissait guère dans le radar des investisseurs étrangers jusqu’au début des années 2000. La Société nationale industrielle et minière (SNIM), détenue à 78 % par l’État, qui a commencé l’exploitation des gisements de la région de Nouadhibou dès 1963, est longtemps restée omniprésente. Mais aujourd’hui, ce géant des minerais de fer n’est plus seul. Plusieurs groupes privés sont venus s’installer.

L'une des mines de Tasiast à ciel ouvert en Mauritanie

L’une des mines de Tasiast à ciel ouvert en Mauritanie

Première mine d’or à être exploitée en Mauritanie, la mine d’or de Tasiast devrait voir sa production multipliée par cinq les prochaines années (contrairement à celle du pétrole, qui stagne). Son exploitant, le canadien Kinross, étudie un méga investissement qui se concrétisera via un projet d’extension de la mine d’or de Tasiast (voir interview). En effet, sur le terrain, le métal jaune prend de l’importance avec le projet de Kinross. Les réserves sont estimées à plus de 12 millions de tonnes de minerai, soit plus de 37 tonnes d’or. L’exploitation devrait permettre de produire entre 3,5 et 3,7 tonnes en moyenne annuelle. Une aubaine à l’heure où le cours mondial du métal jaune dépasse les 600 dollars l’once.

Plus grand  employeur du pays, la SNIM, 7e producteur mondial de minerai de fer, s’est engagée dans un vaste programme d’investissement. Elle a débloqué 1 milliard de dollars dans l’extension de la mine de fer de Guelb II, qui devrait assurer un bel avenir au groupe.

Aujourd’hui, après la déception née du pétrole (la production est tombée à moins de 8000 barils/jour contre des prévisions initiales de 75000 barils) avec l’exploitation à partir de 2006 des gisements off shore de Chinguetti (ouest de Nouakchott). La Mauritanie a renforcé ses positions sur la scène internationale dans le secteur minier avec quelque 170 permis de recherche qui ont été accordés à des investisseurs, surtout dans la zone Nord.

Des métaux précieux et autres substances connexes à la pelle

 Le poids de la SNIM est relativement important (11 % du PIB, 42 % des ressources en devises) pour ne pas risquer de déstabiliser l’économie, le gouvernement s’est donc orienté vers une diversification géographique (700 000 km2 à explorer) et capitalistique : des joint-ventures et des contrats de partage de production, selon les cas. Le Code minier est assez souple pour attirer les investisseurs. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas manqué de montrer leur intérêt : Rio Tinto et Ashton (Australie), BHP-Billiton, Rex et First Quantum (Canada), DeBeers (Afrique du Sud)… Les recherches s’orientent tous azimuts : diamant, or, cuivre, titane, platine, palladium, granit, marbre, charbon, phosphate…

Les premiers gisements de diamants ont été découverts dans la région de Maqteir, à 400 km à l’est de Zouerate, par la société Ashton (groupe Rio Tinto), en 1998. Leur évaluation précise est toujours attendue.

La société Rex Diamonds (Canada) a, par ailleurs, trouvé de nouvelles zones prometteuses en kimberlites (roches riches en minerais, notamment en diamants) à Tenoumer et Touajil.

La région de l’Inchiri est également riche en cuivre : le projet Guelb Moghrein, près d’Akjoujt, constitue une reprise de l’activité minière arrêtée en 1978 par manque de rentabilité après dix ans d’exploitation. Les perspectives sont aujourd’hui meilleures avec la reprise des cours du cuivre. Le groupe canadien First Quantum Minerais Limited (80 % du capital) et ses partenaires, notamment Guelb Moghrein Akjoujt (Gemak filiale de Wadi Rawda Industrial Investments des Emirats Arabes Unis avec 19 %) et Général Gold International (1 %) ont créé une société commune baptisée « la société des Mines de Cuivre de Mauritanie (MCM) », avec ses 3 000 employés, produit déjà 120 000 tonnes de concentré de cuivre par an.

Également en phase de relance, l’exploitation des gisements de phosphate situés dans le sud du pays, non loin du fleuve Sénégal. Les opérations d’extraction du phosphate (130 millions de tonnes de réserves avec une teneur de 20 %) seront assurées par la Société de phosphates de Mauritanie (Sophosma). Et l’évacuation serait confiée à une entreprise indépendante. Le transport se ferait non pas comme on l’avait imaginé, il y a vingt ans, par la voie fluviale, mais par un chemin de fer. Long d’environ 350 km, moitié moins que celui de la SNIM (Zouerate-Nouadhibou), il servirait à l’exportation du minerai, mais également au désenclavement de la région de Kaédi (marchandises et passagers). Encore un projet ambitieux !

Aujourd’hui, tout indique que ces minerais peuvent être rattrapés, en termes d’importance, dans quelques années par l’uranium dont l’existence est confirmée dans l’extrême Nord, notamment à Bir En Nar par la société canadienne, Forte Energy. Résultat : dans le pays, on se prend à rêver d’une véritable province uranifère, qui s’étend sur près de 500 km2, dans la région de la Dorsale R’Gueibatt.

 En attendant, le groupe minier suisse Xstrata ne veut être en reste dans les investissements. Il a pris le contrôle de l’Australien Sphere Minerals en Mauritanie.

Dossier réalisé par Mohamed Zakaria et A.D. Tandia

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