Dans l’espace d’intégration régionale de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest- CEDEAO, une série de coups d’état se succède. Après le Mali en août 2020, le Burkina Faso en janvier 2022, c’est autour du Niger de déposer le 26 juillet 2023 son président démocratiquement élu. Ces trois coups de force ont une cause directe : le terrorisme au Sahel. Mais aussi la mauvaise gouvernance.
La mauvaise gouvernance et le tripatouillage de la loi fondamentale ont eu également raison en septembre 2021 du régime d’Alpha Condé, le président déchu de la Guinée.
Tous ces écueils antinomiques avec les voies démocratiques amènent le Président Bissau-guinéen Umaro Sissoko Embaló à s’interroger sur la viabilité de la Cedeao à terme, une organisation régionale conçue avant tout pour favoriser l’intégration économique et le commerce entre ses pays membres.
Pour expliciter sa pensée, le numéro 1 bissau-guinéen déclare aux médias : « le seul Président que nous reconnaissons, c’est Bazoum. C’est lui que le peuple a choisi. »Avant d’ajouter derechef : « si vous ne voulez pas d’un gouvernement ou d’un Président, sanctionnez-le par les urnes (…) Les coups d’État doivent être bannis. » Dit ainsi de façon subliminale, aucune autre raison fallacieuse ne peut justifier un coup d’Etat. L’armée a un rôle clairement définie : défendre l’intégrité de la nation. Elle n’est pas là pour gouverner !
Le Président Embaló a estimé que la CEDEAO, dont son pays et le Niger font partie, jouait son existence après les putschs dans trois autres États membres (Mali, Guinée, Burkina Faso) depuis 2020.
« La situation que traverse la CEDEAO est vraiment préoccupante. Cette organisation jusqu’ici est la plus sûre, la plus solide de tout le continent. Aujourd’hui, nous courons le risque de la faire disparaître », a-t-il dit. « Je pense qu’on ne va pas en arriver-là », a-t-il cependant nuancé.
Pour rappel, la CEDEAO, sous la présidence du chef de l’Etat nigérian Bola Ahmed Tinubu, Président en exercice de la Commission de l’organisation sous-régionale, a menacé lors d’un précédent sommet le 30 juillet dernier de recourir à la force si les militaires ne rétablissaient pas l’ordre constitutionnel au Niger. L’ultimatum a expiré sans que les auteurs du coup de force s’exécutent.
Embaló a assuré que le Parlement bissau-guinéen n’aurait pas à se prononcer sur l’envoi de troupes si la CEDEAO décidait d’une intervention militaire au Niger, et qu’il pourrait le décréter après réunion du Conseil national de la défense, un organe qui le conseille sur les questions de sécurité.
Pour rappel, la Guinée-Bissau, elle-même en butte à une instabilité chronique, a connu depuis son indépendance du Portugal en 1974 une série de coups d’État ou de tentatives de coup d’État. La dernière tentative de coup de force contre le Président Embaló himself date de février 2022.





Guinée-Bissau




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