Alors que l’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote suscite un engouement inédit sur les marchés africains, le régulateur nigérian a ordonné l’arrêt immédiat d’une campagne de souscription non autorisée. Une intervention qui illustre l’immense attente autour de ce qui pourrait devenir la plus importante IPO jamais réalisée sur le continent.
La Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria a ordonné, mardi 23 juin, la cessation immédiate de toute opération de commercialisation liée à une prétendue introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE.
Dans un avis public, le régulateur affirme n’avoir reçu ni approuvé aucune demande d’enregistrement d’offre publique concernant la raffinerie. Pourtant, des publicités, bannières numériques et courriels ciblés invitant les investisseurs à souscrire par anticipation ont circulé sur les réseaux sociaux, avec l’implication présumée de plusieurs opérateurs de marché agréés.
La SEC dénonce une tentative de manipulation du marché et une violation de l’Investments and Securities Act. de 2025. Les opérateurs concernés disposent de 24 heures pour retirer l’ensemble de leurs supports promotionnels et rembourser les fonds déjà collectés, sous peine de sanctions.
De son côté, Dangote Petroleum Refinery a réagi sur X en rappelant n’avoir autorisé aucune campagne de ce type et en précisant que toute opération future sera exclusivement annoncée par les canaux réglementaires officiels.
Une introduction en Bourse hors normes
Si l’annonce suscite autant d’intérêt, c’est en raison de l’ampleur exceptionnelle de l’actif concerné. Mise en service en 2024 dans la zone franche de Lekki, à Lagos, la raffinerie Dangote affiche une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, ce qui en fait la plus grande raffinerie à train unique au monde. Sa construction a nécessité un investissement estimé à 20 milliards de dollars.
Son fondateur, Aliko Dangote, prévoit de céder 10 % du capital de l’entreprise. L’opération pourrait valoriser la raffinerie entre 40 et 50 milliards de dollars et permettre une levée de fonds pouvant atteindre 5 milliards de dollars, un montant sans précédent sur les marchés africains.
À titre de comparaison, l’introduction en Bourse de MTN Nigeria en 2019, jusqu’ici la plus importante du continent, avait permis de lever environ 876 millions de dollars.
Des investisseurs déjà à l’affût
L’intérêt des investisseurs ne se dément pas. Les fonds de pension nigérians, qui gèrent près de 20 milliards de dollars d’actifs, ont obtenu une dérogation à l’obligation des trois années de rentabilité afin de pouvoir participer à cette future opération.
Plusieurs grandes institutions financières se positionnent déjà sur le dossier. Standard Bank affirme jouer un rôle central dans l’opération, aux côtés de Stanbic IBTC, Vetiva et FirstCap. Une cotation secondaire à Londres demeure également à l’étude, renforçant encore les ambitions internationales de cette introduction en Bourse qui pourrait marquer un tournant pour les marchés financiers africains.





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