Répondant à une requête récurrente des opérateurs économiques, le tout nouveau président kényan a ordonné la reprise des opérations de dédouanement des conteneurs au port de Mombasa, révoquant ainsi le monopole octroyé aux plateformes logistiques de Nairobi et Naivasha. Les hommes d’affaires saluent la mesure.
La centralisation du dédouanement sur des plateformes logistiques financées par la Chine, avait été prise en 2019 par le président sortant Uhuru Kenyatta, à qui les chargeurs reprochaient de leur imposer une option «onéreuse et inefficace». Dorénavant, cela relèvera du choix de chaque entreprise.
Dans les milieux économiques à Nairobi, la décision de William Ruto de lever l’obligation de passer par le port sec de Nairobi, est interprétée comme un revers de la Chine ou a minima, un recul de son influence dans le pays car la centralisation des opérations de dédouanement avait été instituée pour permettre de rentabiliser l’investissement chinois ayant permis de construire la ligne de chemin de fer qui relie le port de Mombasa à la la plateforme logistique basée à Nairobi. La Chine, principal bailleur du projet avec 2,5 milliards de dollars de prêts, n’en a pas poursuivi l’extension tel que prévu, refusant de continuer les travaux avec des prêts.
Ce changement soulève néanmoins des inquiétudes quant à l’amplification de la congestion du port de Mombasa qui, en dépit des volumes expédiés par chemin de fer, connaît un encombrement régulier. Pareil pour le réseau routier de Mombasa qui pourrait connaître des embouteillages monstrueux avec le transfert vers la route des volumes de conteneurs acheminés par train. Les transporteurs routiers se frottent les mains, eux qui avaient perdu beaucoup de business à cause du transfert des conteneurs sur le rail.
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