Christophe Deloire est mort samedi à 53 ans, «des suites d’un cancer fulgurant.». Indique le communiqué de Reporters sans frontières (RSF) annonçant sa mort. Il était à la tête de RSF depuis douze ans
Un défenseur de la liberté de la presse et des journalistes partout dans le monde, un homme juste, intransigeant avec le droit à l’information, aux droits humains tout court, s’en est allé à la force de l’âge. À seulement 53 ans.
Christophe Deloire était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, après la découverte tardive de tumeurs au cerveau, indique Le Monde.
Il est décédé «des suites d’un cancer fulgurant», a ensuite fait part RSFdans un communiqué transmis à l’AFP. Au sein de l’ONG, il y exerçait ses fonctions depuis 2012 et «a transformé l’association (…) en un champion mondial de la défense du journalisme, durant douze ans», salue RSF.
Pour le journaliste Pierre Haski, président du conseil d’administration de RSF, «Christophe Deloire a dirigé l’organisation à un moment crucial pour le droit à l’information. Sa contribution à la défense de ce droit fondamental a été considérable.»
Christophe Deloire était « un défenseur sans relâche, sur tous les continents, de la liberté, de l’indépendance et du pluralisme du journalisme, dans un contexte de chaos informationnel », poursuit RSF. « Le journalisme était le combat de sa vie qu’il a mené avec une conviction inébranlable », ajoute l’ONG.
Hommage aux Etats-Unis
Depuis 2018, il était également le président fondateur du Forum sur l’information et la démocratie.
A l’international, Christophe Deloire s’était engagé sur de nombreux dossiers, comme le meurtre à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ou les atteintes à la liberté de la presse en Russie.
Aux Etats-Unis, l’organisation new-yorkaise Committee to Protect Journalists (Commission de protection des journalistes, CPJ), partenaire de RSF, a estimé sur X (ex-Twitter) que « le monde avait perdu un champion de la liberté de la presse ». A Washington, le National Press Club a rendu hommage à “Christophe, grand ami des journalistes où qu’ils soient, profondément passionné par les droits des journalistes », saluant son implication sur le cas d’Austin Tice, reporter américain enlevé et disparu en Syrie en 2012.
Christophe Deloire mettait régulièrement en garde contre l’augmentation des violences contre les journalistes.
« Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie », dénonçait-il déjà en 2018.
Avant de prendre la tête de RSF, Christophe Deloire avait dirigé de 2008 à 2012 le Centre de Formation des Journalistes (CFJ) à Paris. Il avait également travaillé pour le magazine Le Point de 1998 à 2007.
En 2004, il avait publié chez Albin Michel, « Les islamistes sont déjà là », une enquête cosignée avec le journaliste Christophe Dubois, puis « Sexus Politicus » en 2006, toujours avec Christophe Dubois, sur la sexualité dans la vie politique française.
Depuis 2002, RSF publie un bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans 180 pays. Ce classement mondial de la liberté de la presse » fait référence pour de nombreux médias et plusieurs institutions internationales.
Avec divers médias
L’ONG Reporters sans frontières, lancée en France en 1985
Lancée en 1985 en France, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) est devenue au fil des décennies un fer de lance de la liberté de la presse et du droit d’informer dans le monde.
L’organisation non gouvernementale, dont le siège est à Paris, est présente sur tous les continents : via des bureaux dans une dizaine de villes et des correspondants dans quelque 130 pays, elle détecte et dénonce les entraves à la liberté d’informer et vient en aide aux journalistes emprisonnés ou menacés, sous diverses formes (assistance juridique, prêt de gilets pare-balle, bourses, pressions auprès d’États et d’institutions…).
Elle s’est notamment beaucoup mobilisée ces dernières années pour exiger la vérité sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Depuis 2002, l’ONG publie un bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans 180 pays. Ce classement mondial de la liberté de la presse fait référence pour de nombreux médias et plusieurs institutions internationales.





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