Figure centrale mais réservée de l’économie nationale, Hassan Ouriagli, PDG du groupe panafricain Al Mada est décédé dans un hôpital parisien où il avait été admis dans un état critique. Polytechnicien, stratège rigoureux et bâtisseur de long terme, il a profondément marqué l’histoire récente de l’investissement au Maroc et en Afrique.
Hassan Ouriagli s’est éteint après une carrière menée avec constance, exigence et discrétion. Diplômé de l’École polytechnique de Paris et de l’École nationale des Ponts et Chaussées, il incarnait une génération de dirigeants formés à l’excellence académique et à la rigueur intellectuelle. Ses premières années professionnelles le mènent vers le conseil et la finance internationale, où il affine une solide expertise stratégique avant de rentrer au Maroc au début des années 2000.
Il rejoint alors l’Omnium Nord-Africain (ONA), puis la Société nationale d’investissement (SNI), structures clés du capital-investissement marocain, au sein desquelles il va progressivement s’imposer comme un pilier de la réflexion et de l’action économique.
La transformation de la SNI et la naissance d’Al Mada
En 2014, Hassan Ouriagli est appelé à diriger la SNI à un moment charnière de son histoire. Il orchestre une transformation stratégique profonde, repensant le rôle et la vocation de la holding. Cette mutation se concrétise par la création d’Al Mada, nouvelle identité affirmant une ambition panafricaine claire et un positionnement assumé sur l’investissement de long terme.
Sous sa houlette, Al Mada se fixe pour mission de bâtir des champions économiques, d’accompagner l’industrialisation et de soutenir une croissance durable, fondée sur la création de valeur économique et sociale.
Une vision panafricaine et un capitalisme à impact
Pendant plus d’une décennie, Hassan Ouriagli pilote Al Mada avec une vision structurée et cohérente. Son action laisse une empreinte durable dans des secteurs stratégiques tels que la banque, les assurances, les mines, l’industrie, l’énergie ou encore les infrastructures. Convaincu du rôle structurant du capital-investissement, il défend un capitalisme à impact, conciliant performance financière, développement territorial et responsabilité sociale.
Homme de l’ombre plutôt que de la scène médiatique, il était unanimement respecté pour sa loyauté, son sens de l’État, sa capacité d’analyse et sa fidélité aux engagements de long terme.
Un héritage durable
Avec la disparition de Hassan Ouriagli, le Maroc perd l’un de ses grands serviteurs économiques. Stratège discret mais déterminant, il aura contribué à façonner le capital-investissement marocain moderne et à renforcer l’ancrage africain de grands groupes nationaux.





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