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Le Ghana en route vers le défaut de paiement

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La dégradation de la notation souveraine du Ghana est tout, sauf une surprise. Depuis plusieurs semaines, elle était attendue par les opérateurs des marchés. Le couperet est tombé vendredi soir.

L’agence S&P Global Ratings a revu à la baisse le rating du Trésor ghanéen sur les emprunts en devises de “B-/B“ à “CCC+/C”. Accra se retrouve ainsi à l’avant-dernière marche du défaut de paiement.

S&P Ratings se montre pessimiste sur l’évolution de la situation économique à moyen terme du pays en adossant des perspectives négatives à la nouvelle notation souveraine du Ghana. Les analystes de l’agence justifient la décision par la détérioration de la situation budgétaire et l’assèchement des réserves en devises, un cocktail qui pourrait compromettre la capacité du pays à honorer ses engagements envers ses créanciers. Après avoir juré de ne plus frapper à la porte du FMI présenté à Accra comme le diable, le gouvernement est vite revenu au principe de réalité. C’est ainsi qu’il négocie depuis plusieurs mois un accord avec le Fonds, des tractations “très difficiles” qui se heurtent sur les contreparties de réformes structurelles.

L’économie ghanéenne est plongée dans des difficultés exacerbées par les conséquences de la guerre en Ukraine et une inflation à deux chiffres qui met à mal les conditions de vie de la population. Les sorties de capitaux des non-résidents et la flambée de la facture des importations de produits pétroliers et alimentaires ont affaissé le matelas des réserves de change du pays.

Ces pressions coïncident avec les hausses de taux de la Réserve fédérale américaine, contribuant à la dépréciation de 27 % du cedi (devise nationale) par rapport au dollar américain depuis le début de l’année. La faiblesse du taux de change, à son tour, fait grimper l’inflation, qui s’élevait à près de 30 % fin juin, son plus haut niveau depuis 21 ans.

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