Édouard Ngirente, Premier ministre du Rwanda
L’agence de notation Fitch Ratings a de nouveau estimé que la dette du Rwanda est très risquée et que les perspectives sur le long terme ne sont pas positives.
Elle vient de lui attribuer la note B+, qui représente la tranche supérieure du caractère spéculatif d’un émetteur et d’un titre, selon sa grille d’évaluation.
La note B+ reflète le faible niveau du PIB par habitant et la persistance des déficits jumeaux du budget et de la balance courante, qui ont conduit à un endettement public et extérieur élevé et en augmentation, relèvent les analystes de l’agence de notation. Pour l’agence Fitch, la pression inflationniste actuelle sur les produits alimentaires et l’énergie fragilise les économies de l’Afrique subsaharienne.
Pour contrer l’inflation, la Banque centrale du Rwanda a décidé d’augmenter ses taux directeurs, pour la première fois depuis dix ans. La hausse des taux-mères est certes une arme pour limiter l’inflation, mais elle risque aussi de restreindre l’accès à l’argent pour des PME et des millions de personnes et in fine, peser sur la consommation et les secteurs productifs.
Fitch Ratings reconnaît cependant que le Rwanda a fourni des efforts en termes de gouvernance économique. Kigali a réduit son déficit budgétaire à 7,1% du PIB. Mais cela reste supérieur à la valeur médiane de 4,7% pour les pays qui ont la note B.
Le cas du Rwanda est quelque peu représentatif de celui de plusieurs autres pays africains, où les agences de notation font plus une analyse des indicateurs que des fondamentaux de l’économie. Les risques sur la production alimentaire mondiale sont réels, car les deux pourvoyeurs majeurs d’engrais sont dans un conflit (ndlr : La guerre en Ukraine) dont on ne voit pas une issue. A cela s’ajoute la spéculation des marchés, qui proposent des sommes importantes pour sécuriser les stocks. Or, sur ce terrain, peu de pays africains ont la capacité de tenir la compétition.





Rwanda




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