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L’Egypte obtient un «découvert» de 3 milliards de dollars au FMI

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Docteur Mohamed Moeit, ministre des Finances de l’Egypte

Après plus d’un an de tractations sur les contreparties de réformes structurelles, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) vient d’approuver un accord de 46 mois dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit pour un montant de 3 milliards de dollars en faveur de l’Egypte.

Ce feu vert permet un décaissement immédiat d’une première tranche de 347 millions de dollars, de l’argent frais bienvenu pour un budget de l’Etat sous tension. Les décaissements interviendront au fur et à mesure de l’avancement des réformes structurelles auxquelles s’est engagé le gouvernement, dont la réfonte de la coûteuse politique de subvention des prix de produits de base.

L’accord avec le FMI était une condition posée par plusieurs créanciers auprès desquels Le Caire espère mobiliser 14 milliards de dollars dont des recettes provenant du vaste programme de privatisations prévu au cours de deux prochaines années. Le Caire s’est engagé à «rétablir la stabilité macroéconomique et à décliner des mesures favorisant une croissance inclusive et tirée par le secteur privé», indique le communiqué du FMI.

Le paquet des réformes structurelles comprend le passage de la Livre égyptienne à un régime de taux de change flottant afin d’accroître la résilience de l’économie face aux chocs externes, une politique monétaire vigoureuse pour lutter contre l’inflation et l’accroissement de l’efficacité des mécanismes de transmission des instruments de politique monétaire dans l’économie.

Le gouvernement s’est également engagé à réduire le déficit budgétaire et assurer la viabilité de la dette publique tout en ramenant sa trajectoire à un niveau soutenable par rapport au PIB. Cela passe entre autres, par « la réduction du train de vie de l’Etat, une plus grande transparence et plus d’équité d’accès aux marchés publics par les opérateurs privés ». Entre les lignes, le FMI signifie clairement au gouvernement égyptien d’en finir avec les privilèges accordés aux entreprises contrôlées par l’armée.

A l’issue des débats du Conseil d’administration, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI a fait la déclaration suivante : «L’Egypte a fait preuve de résilience face à la crise du Covid-19. Alors que la reprise économique s’est accélérée en 2021, les déséquilibres ont commencé à s’accumuler dans un contexte de stabilité du taux de change et d’accélération de la croissance marqué par le retard des réformes structurelles. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a renforcé ces vulnérabilités préexistantes, déclenchant des sorties de capitaux »

 

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