Chaque année, le Conseil de stabilité financière (FSB) en Suisse établit une liste d’établissements bancaires considérés comme «d’importance systémique» au niveau mondial. En clair, des banques dont la faillite pourrait entraîner dans son sillage le système bancaire mondial dans son ensemble, à l’image de Lehman Brothers. Ça craint.
La dernière liste établie en novembre 2022 par le Conseil de stabilité financière, l’Autorité de régulation bancaire suisse (FSB) classait JPMorgan en tête des banques systémiques au niveau mondial. Seule à figurer au sein de la catégorie 4, elle devra respecter un coussin de capital supplémentaire de 2,5% (en fonds propres) à compter de janvier 2024.
Credit Suisse et UBS, les deux plus grandes banques helvétiques, figuraient plutôt au bas de ce dernier classement au sein de la catégorie 1 (à laquelle s’applique un coussin additionnel de 1%), aux côtés notamment de la Société Générale, du Crédit Agricole, de BPCE, des banques espagnoles UniCredit et Santander.
La fusion (forcée) des deux banques suisses (Credit Suisse et UBS) donnera naissance à un géant assis sur 5.000 milliards de dollars d’actifs, bien plus que BNP Paribas qui figure en catégorie 2 (2.900 milliards), HSBC et Bank of America qui se classent en catégorie 3 (3.000 milliards de dollars d’actifs chacune), ou encore JPMorgan, à la tête de 3.700 milliards de dollars d’actifs.
Le classement de l’Autorité de régulation suisse ne tient pas uniquement compte de la taille du bilan, mais aussi d’autres critères comme l’interconnexion, l’absence de substituts disponibles, les activités transfrontières et la complexité de l’activité. Du fait de son poids hors norme dans la gestion de fortune mondiale, avec 3.400 milliards de dollars d’actifs dans cette seule branche, le nouvel UBS semble bien cocher quelques cases. Il devrait donc se voir appliquer des exigences de fonds propres renforcées, la finalisation du rachat de Credit Suisse devant amener le FSB à revoir son classement.











