A la tête d’une délégation de haut niveau, le ministre éthiopien des Finances a rencontré, fin février à Pékin, son homologue chinois, le directeur du département international de la Banque centrale chinoise et plusieurs dirigeants des principales banques chinoises.
Addis-Abeba a entamé des négociations bilatérales directes avec la Chine sur l’allègement de sa dette en dehors du Cadre commun du G20, a rapporté le quotidien chinois South China Morning Post dans son édition du 4 mars, cité par l’agence Ecofin.
A la tête d’une délégation de haut niveau, le ministre éthiopien des Finances a notamment rencontré le ministre chinois des Finances, Liu Kun, et le directeur du département international de la Banque centrale chinoise, Jin Zhongxia. Il s’est également entretenu avec des responsables des principales banques chinoises, dont la Banque chinoise d’import-export (China Exim Bank), l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) et la China Development Bank (CDB).
Interrogé par South China Morning Post, Deborah Brautigam, Pr à l’Université Johns Hopkins et directrice fondatrice de l’Initiative de recherche Chine-Afrique, a estimé qu’il est peu probable que la China Exim Bank agisse en dehors du Cadre commun du G20 sur le traitement de la dette, tout en notant que d’autres créanciers chinois de l’Ethiopie pourraient l’imiter.
« Je ne pense pas que la China Exim Bank va sortir du processus du Cadre commun du G20, maintenant qu’elle s’y est engagée. Il est trop tôt pour cette étape. Mais il y a d’autres créanciers chinois de l’Ethiopie et ces discussions pourraient concerner leurs prêts », a-t-elle fait remarquer.
La dette de l’Ethiopie envers la Chine est estimée à 13,7 milliards de dollars, dont l’essentiel des créances appartient à la China Exim Bank. A ce jour, Addis-Abeba n’a pas fait défaut sur le paiement de sa dette mais avait cependant demandé, début 2021, une plus large restructuration de la dette extérieure du pays au titre du Cadre commun du G20. Mais les progrès du processus d’allègement de la dette ont été très lents, en raison notamment du conflit qui a éclaté en novembre 2020 entre le gouvernement central et des groupes rebelles dans la région du Tigré.
Créancier majeur des pays pauvres et en développement, la Chine a jusqu’ici hésité à adhérer pleinement aux processus coordonnés d’allègement de la dette dans le Cadre commun du G20, préférant mener des négociations bilatérales avec les pays les plus endettés.
Dans une étude publiée en mai 2021, le think tank indépendant Peterson Institute for International Economics (PIIE) avait conclu que «les contrats de prêts chinois contiennent des clauses de confidentialité inhabituelles qui empêchent les emprunteurs de révéler les termes ou même l’existence de la dette».
Ce think-tank basé à Washington, qui a passé en revue 100 contrats de prêts de Pékin à des gouvernements de 24 pays en développement dans le monde, a également précisé que «les prêteurs chinois utilisent des accords de garantie tels que des comptes de revenus contrôlés par le prêteur et des promesses de garder la dette hors de la restructuration collective».





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