Toute la journée du vendredi 14 janvier, le Mali a vu les populations sortir en masse à l’appel à la mobilisation du Président Assimi Goïta. Les grandes artères, les rues … de la capitale, les régions et les Communes ont refusé du monde pour dire non à l’isolement du pays. Pourtant, les médiations sont en cours de façon informelle dans la plus grande discrétion.
La Cedeao est décriée par Bamako pour ses sanctions du dimanche 9 janvier à Accra, la capitale du Ghana. Le comble, c’est que ces sanctions démesurées au-delà de tout sens de discernement viennent de la patrie du grand panafricaniste Kwame Nkrumah. Quant à la France et, les sorties de son président Emmanuel Macron sont fustigées de toutes parts.
Mobilisation réussie

De mémoire de malien, jamais une manifestation populaire du peuple n’a pris pareille ampleur. Fait important, le régime de Transition au pouvoir a réussi à fédérer l’ensemble des couches populaires, pas forcément en phase les unes avec les autres. On y trouve les syndicats, les fonctionnaires ( enseignants, le secteur de la santé, les postes…), en plus d’adversaires politiques. Tous ont levé le mot d’ordre pour que leurs militants s’assument et capitalisent les rues.
Ce qui explique la masse compacte de manifestants qui ont voué aux gémonies la Cedeao et la France. Les manifestants accusent Paris de tirer les ficelles avec ses mains invisibles.
Poutine encensé

La démonstration des manifestants ne peut que plaire à la Russie l’alliée traditionnelle et indéfectible qu’elle a été pour le Mali aux temps du Président Modibo Keïta jusqu’à son renversement en 1968 par des “mains invisibles”. Choix affiché de Bamako pour les défis sécuritaires du pays, Moscou verra son ombre planer dans tout le Mali.
Le Kremlin sera mis en avant avec son drapeau visible dans la foule. Les manifestants saluent son véto aux Nations-Unies avec l’appui dr la République populaire de Chine. Ont également mis leurs vétos l’Inde et les Émirats arabes unis contre les sanctions voulues par la France et ses affidés.
Le peuple malien est en phase avec Vladimir Poutine qui interdit toute ingérence afin que le Mali puisse faire face à la crise multidimensionnelle qu’il traverse.
Administration réquisitionnée
Du sommet de l’Etat aux structures rattachées de l’administration, nul n’a été épargné. Les cadres, les directeurs, les Secrétaires généraux du pouvoir de Bamako ont été invités par la hiérarchie à descendre dans l’arène.

Comme la majorité des membres du gouvernement, ils ont décidé de porter le treillis et occuper les rues avec le drapeau. Bien que le port soit interdit dans la loi, le meeting du désaveu de la Cédéao a été l’occasion d’user de l’uniforme militaire à satiété.
Le Front du refus approché dans la discrétion Nul n’ignore qu’une importante partie de la classe politique désavoue les approches du pouvoir. En plus d’avoir boycotté les Assises nationales, le cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie a menacé : ne plus reconnaître les organes transitoires après le mois de février.
Afin d’avoir une position commune entre Maliens avant de revenir à la table de négociations avec la Cedeao, les religieux ont pris les devants. A priori mandatés par le regime en place, ils ont pris langue avec les opposants du moment au Mali.
Ces derniers ont accepté de faire des propositions de sorties de crise où tout semble indiquer qu’ils proposent 6 mois pour la prolongation. Des conclusions attendues de tous qui feront l’objet d’un communiqué à l’endroit de l’opinion.
Plan de riposte activé
Alors que le peuple manifestait en soutien à la Transition sur tout le territoire national jusqu’à dans les hameaux les plus reculés, le Président Assimi Goïta conduisait au même moment un Conseil supérieur extraordinaire de la défense nationale.
A l’issue des travaux, il a validé le plan de riposte du gouvernement contre la décision des pays de la sous-région. C’est ce rendez-vous crucial qui a empêché sa venue au boulevard de l’Indépendance du Mali où le peuple a décidé de s’assumer en masse.
Le Porte-parole du gouvernement, le Colonel Abdoulaye Maïga a fait le point en ces termes : «il s’agit d’un Plan qui a été annoncé immédiatement après les sanctions inhumaines et illégales prises par la Cedeao et l’Uemoa contre notre pays, le 9 janvier 2022». (Sic) !
Des sources proches de la Présidence malienne indiquent que le Plan de riposte prendra en compte les priorités et les préoccupations des populations en termes d’approvisionnement en produits de première nécessité.
C’est pourquoi la Guinée est mise en avant Plan. Idem pour l’Algérie et la Mauritanie qui verront des délégations ministérielles arriver pour coordonner le tout.
Enfin le Plan de riposte comporte plusieurs composantes dont les questions diplomatiques, géopolitiques, économiques et financières ainsi que le social.
Le Mali reste malgré tout ouvert au dialogue avec la Cedeao et l’Uemoa pour une levée des sanctions et une convergence de vues.





Mali
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