Le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a signé mercredi 10 avril, un décret suspendant avec effet immédiat, toutes les activités des partis politiques et des associations. C’est la stupeur dans les milieux politiques à Bamako au moment où les relations se tendent entre les autorités de la transition et la galaxie des organisations qui avaient «facilité» la prise du pouvoir par les militaires. Les partis rappellent aux militaires que la transition s’est achevée le 26 mars 2024
«Sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, pour raison d’ordre public, les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations sur toute l’étendue du territoire national», précise le décret signé par le Président de la Transition à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 10 avril.
Pour les autorités, cette décision se justifierait par la hausse observée des «actions de subversion des partis politiques et de leurs alliés.» Bien que ces actions n’aient pas été détaillées, il faut préciser que la décision intervient quelques jours après que plusieurs partis, regroupements politiques et associations de la société civile ont appelé à la tenue des élections, la transition étant censée être arrivée à terme le 26 mars dernier.
26 mars 2024, fin légale de la Transition
Le régime militaire, au pouvoir depuis près de 3 ans, avait annoncé en septembre 2023 le report de la présidentielle prévue initialement en février 2024 pour une date indéterminée. Pour justifier leur décision, les autorités avaient cité des raisons techniques, notamment liées à des dispositions constitutionnelles et à des problèmes avec la société française IDEMIA qui a constitué la base de données du Recensement administratif à vocation d’Etat civil.
C’est dans ce contexte que la Transition, initialement prévue pour 24 mois, a légalement pris fin le 26 mars 2024 après une prolongation, créant ainsi «un vide juridique», relèvent les partis politiques et associations. Ceux-ci ont alors appelé fin mars, à une concertation pour mettre rapidement en place une architecture institutionnelle facilitant l’organisation du scrutin tout en demandant aux autorités «d’utiliser tous les moyens légaux pour restaurer l’ordre constitutionnel.» Une vision qui semble-t-il n’est pas partagée par les militaires au pouvoir. «On n’est pas du tout dans un vide juridique, la Transition continue», balaie le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement dont les propos sont rapportés par Le Monde.





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