Cette accusation de la main étrangère dans la déstabilisation des institutions maliennes est matérialisée par l’arrestation d’un français soupçonné d’appartenir aux services secrets français.
« L’arrestation d’un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité maliennes » cherchait selon la junte militaire au pouvoir à « déstabiliser les institutions de la République » avec « l’aide d’États étrangers »
Au Mali, les autorités ont annoncé jeudi 14 août l’arrestation d’un Français soupçonné de travailler pour le « service de renseignement français » et ont accusé des « États étrangers » d’être derrière une tentative de déstabilisation des institutions, selon un communiqué lu à la télévision nationale dans la soirée.
Dans son communiqué, le pouvoir militaire en place à Bamako a annoncé « l’arrestation d’un groupuscule d’éléments marginaux des forces armées de sécurité maliennes » qui cherchait selon elle à « déstabiliser les institutions de la République. » « Ces militaires et des civils » auraient obtenu « l’aide d’États étrangers », accuse le gouvernement malien.
Un ressortissant français a été arrêté, soupçonné de travailler « pour le compte des services de renseignement français », selon la junte malienne.
Au moins 55 militaires auraient été arrêtés selon des sources sécuritaires consultées par l’AFP. « Les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices », indique le gouvernement.
Deux généraux arrêtés
La junte a confirmé l’arrestation de deux généraux, Abbas Dembélé et Nema Sagara. Le premier est une figure très respectée au sein de l’armée. Cet ancien gouverneur de la région de Mopti (centre) a récemment été démis de cette fonction par la junte.
Les arrestations ont été menées principalement au sein de la garde nationale, un corps de l’armée, a appris l’AFP de sources sécuritaires. C’est notoirement le corps d’origine du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, une des principales figures de la junte. Plusieurs observateurs ont relevé que certaines des personnes arrêtées par les autorités sont des proches du ministre, mais celui-ci n’a pas été inquiété à ce jour.
Crise sécuritaire
Il y a deux jours, l’ancien Premier ministre civil du Mali Choguel Kokalla Maïga et plusieurs de ses anciens collaborateurs ont été placés en garde à vue par le pôle économique et financier dans « le cadre des enquêtes sur leur gestion à la Primature. »
Cet ancien poids lourd civil avait été nommé Premier ministre en 2021, avant d’être limogé fin 2024 après avoir émis des critiques contre celle-ci. Il avait notamment déploré avoir été tenu à l’écart des décisions sur le maintien aux commandes des généraux qui avaient initialement promis de rendre le pouvoir à des civils élus en mars 2024. Aucun lien n’a été fait entre son arrestation et celles des militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir.
Depuis 2012, ce pays sahélien fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires. Le pays affronte également une grave crise économique.
La junte, dirigée par le président Assimi Goïta, s’est détournée des partenaires occidentaux, notamment la France, pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie au nom d’une vision souverainiste.
Avec AFP





Mali

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