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Marchés financiers: Les déboires du sud-africain Sasol

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La chute des cours de l’or noir a entrainé dans sa suite l’effondrement du cours de plusieurs sociétés du continent. Parmi lesquelles, le géant sud-africain Sasol, vedette de la place financière de Johannesbourg.

 

Après l’effondrement de son titre de 95% de sa valeur, la direction de la société a annoncé un plan d’actions salvateur pour rassurer les actionnaires. Mais le ver était depuis longtemps dans le fruit.

tinmar 970

Un contexte économique mondial défavorable

Les déboires du géant sud-africain, un des leaders mondiaux en pétrochimie et première société sud-africaine par le chiffre d’affaires ont commencé il y a environ deux semaines lorsque son action perdait 50% de sa valeur. Cette chute fit suite au bras de fer engagé entre l’Arabie Saoudite et la Russie sur les quotas de production du brut. Très vite, avec la chute du cours du pétrole, qui s’est accéléré, l’action de ce fleuron sud-africain a pris du plomb dans l’aile. La capitalisation boursière qui culminait encore à environ 12 milliards de dollars en septembre 2019 n’en valait à peine plus que 2 à la clôture vendredi 20 mars.

Les annonces de la direction, notamment du directeur financier, Paul Victor pour rassurer les marchés n’auront donc pas suffit. En effet, celui-ci annonçait à la date du 12 mars un plan de relance par augmentation de capital afin d’essuyer les pertes subies. Mais dans un contexte marqué par des marchés affolés par la crise sanitaire du coronavirus, les cours du brut peinent à remonter la pente. Par ailleurs, la dette de Sasol libellée en dollars a certainement été la goutte qui a fait déborder le vase. Avec les hausses successives qu’à connu le billet vert ces dernières semaines, la dette de Sasol estimée dans son dernier bilan à environ 8 milliards de dollars est très vite devenue spéculative. Dans la foulée, l’agence de notation Moody’s dégradait la note de l’obligation du géant sud-africain à Ba1 indiquant ainsi aux marchés que l’obligation du leader de la pétrochimie était devenue spéculative. L’augmentation de capital précédemment annoncée par le directeur financier et censée rassurer les marchés était devenue hypothétique. En effet, celle-ci se fondait sur les liquidités de la société estimée à seulement 2,5 milliards de dollars.

Mais «pour comprendre pourquoi Sasol a sombré aussi vite, il faut remonter dans le temps », note un analyste de la place de Johannesbourg.

Un investissement hasardeux

Sasol s’était engagé en 2012 dans la construction d’une usine chimique dans le Sud-ouest de l’État de Louisiane aux Etats-Unis. Le coût de ce projet pharaonique qui devait entrer dans l’histoire comme l’un des plus gros investissements directs étrangers était estimé à 14 milliards de dollars environ. Seulement, ce projet s’est révélé être un éléphant blanc. Et cela, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs. D’une part, le coût a très vite flambé à 50% de sa valeur initiale en raison de la hausse du dollar. D’autre part, le cours du pétrole qui, ces dernières années a connu plusieurs baisses n’a pas non plus été à l’avantage de l’entreprise sud-africaine. Selon Bloomberg, la dette colossale que traine aujourd’hui la société provient pour une large part des emprunts contractés pour financer ce projet.

La situation qui prévaut aujourd’hui était prévisible de l’avis de plusieurs analystes. En réalité, la valeur de Sasol est en constante chute libre depuis 2014. Aujourd’hui, le géant sud-africain est plus près d’un dépôt de bilan que de la reprise annoncée quelques jours plutôt par le directeur financier Paul Victor.

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