La banque JP Morgan Chase est sur le point de lancer un nouvel indice de référence dédié aux obligations en monnaies locales des marchés dits «frontières» alors que l’appétit des investisseurs pour des actifs plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs, croît.
Ce nouvel indice rassemblerait entre 20 et 25 pays, dont l’Egypte, le Vietnam, le Kenya, le Maroc, le Kazakhstan, le Pakistan, le Nigeria, le Sri Lanka ou encore le Bangladesh, avec des pondérations plafonnées afin d’éviter une concentration excessive. Aucune pondération ne devrait dépasser 8 à 10 % de l’indice, selon les options étudiées par la banque américaine.
Les consultations menées par JPMorgan auprès de grands gestionnaires d’actifs se sont intensifiées. «Nous nous attendons à recevoir une structure formelle de l’indice autour de juin, avec une dernière phase de commentaires,» a indiqué à l’agence Reuters, un responsable de fonds, sous couvert d’anonymat.
Le lancement effectif pourrait suivre en 2027, même si certains investisseurs prédisent une annonce dès la fin mars.
Cette initiative intervient dans un contexte favorable aux « marchés frontières, » dopés par la faiblesse prolongée du dollar et par des performances remarquées dans certains pays comme l’Argentine, l’Equateur ou l’Ouganda. Selon des estimations du gestionnaire d’actifs Neuberger Berman, citées par Reuters, la dette négociable en monnaies locales dans ces économies a triplé en une décennie pour atteindre près de 1.000 milliards de dollars.
Sur les huit dernières années, la dette «frontière» en devise locale -émise par des économies encore de taille modeste et faiblement représentées dans les portefeuilles internationaux- aurait surperformé de près de 2,5 points de pourcentage les indices classiques de dette émergente.
L’indice ne retiendrait que des obligations d’un montant minimal équivalent à 250 millions de dollars et présentant au moins 2,5 années de maturité résiduelle. Ces critères posent la question de l’éligibilité de certains pays, comme la Zambie, longtemps habituée à émettre des titres de plus petite taille, même si des émissions récentes pourraient changer la donne.
JPMorgan estime que ce nouvel indice offrirait une prime de rendement d’environ 400 points de base par rapport à son indice phare GBI-EM, avec plus de 60 % des titres affichant des rendements supérieurs à 10 %. GBI-EM est l’indice de référence mondial, créé et géré par JPMorgan Chase, pour mesurer la performance des obligations souveraines en monnaie locale des pays émergents.











