Dans la compétition stratégique qui l’oppose à la Chine sur le continent africain, l’Inde entend rattraper le retard sur son voisin et rival historique. New Delhi vient de dépêcher une équipe de géologues en Zambie pour poursuivre l’exploration des gisements de cuivre et de cobalt, deux minerais critiques dans la transition énergétique, rapporte l’agence Reuters citant des sources gouvernementales indiennes
Lusaka a en effet concédé 9.000 km² à l’Inde pour l’exploration du cobalt – un composant clé des batteries pour véhicules électriques et téléphones portables – ainsi que pour l’exploration du cuivre, largement utilisé dans la production d’électricité, l’électronique et la construction. La campagne d’exploration durera trois ans et la plupart des analyses seront effectuées dans des laboratoires en Inde. Après avoir évalué le potentiel minier, l’Inde demandera un bail minier à la Zambie et pourrait également inviter des entreprises du secteur privé à participer au projet.
New Delhi est en pourparlers avec plusieurs pays africains pour acquérir des blocs minéraux critiques, tout en explorant également les opportunités en Australie et en Amérique latine.
Outre la Zambie, l’Inde a engagé des discussions avec la République démocratique du Congo (RDC), pour signer un accord visant à sécuriser les approvisionnements en cobalt et en cuivre. Une délégation indienne de haut rang a participé à une conférence sur l’exploitation minière au Congo en juin dernier organisée dans la province du Katanga et a visité des mines locales.
Au terme d’un diagnostic stratégique, l’Inde a relevé sa vulnérabilité au resserrement du marché mondial du cuivre. Le gouvernement prévoit d’explorer les moyens de garantir l’approvisionnement auprès des pays riches en minerais stratégiques notamment en Afrique. Les importations de cuivre de l’Inde ont fortement augmenté depuis la fermeture de la seule mine du pays (Vedanta) en 2018. L’Inde a importé 1,2 million de tonnes de cuivre au cours de l’exercice 2024/2025 (clos le 31 mars), soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, pour les besoins de son industrie, New Delhi dépend presque entièrement des importations de cobalt et d’oxyde de cobalt ont bondi de 20 % pour atteindre 693 tonnes métriques.











