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Les mines africaines au centre du jeu mondial

. Aujourd’hui, la conjoncture a fini de replacer l’Afrique au centre du jeu mondial : la demande a considérablement augmenté depuis dix ans, dopée par la voracité de la Chine, qui développe son industrie

. Plusieurs pays africains ont renforcé leurs positions sur la scène internationale et quelques-uns y font même leurs premiers pas

Mines africainesOn retrouve des minerais sur tout le continent africain et la prospection en cours apporte chaque jour son lot de bonnes nouvelles. L’Afrique, c’est 89% des réserves mondiales de platine, 81% de chrome, 61% de manganèse et 60% de cobalt. Malgré cet immense potentiel minier, évalué à 30 % des réserves mondiales, l’Afrique occupe une position encore marginale sur la scène internationale. Elle affiche des parts de la production mondiale inférieures à 10 % de plusieurs minerais, comme le fer (4 %), le cuivre (5 %) ou encore la bauxite (9 %). Autant de matières premières très recherchées. Ce qui représente pour les pays détenteurs de ces ressources, une réelle opportunité à ne pas laisser passer et un eldorado pour les petites et grandes compagnies minières européennes, nord-américaines et chinoises. Au cours des dernières années, les travaux de prospection s’y sont du coup multipliés. En 2012, plus de 17% des dépenses d’exploration engagées au niveau mondial ont ainsi été réalisées en Afrique, et en premier lieu dans la République démocratique du Congo, indique le cabinet de conseil Ernst & Young.

Il faut dire que plusieurs pays africains ont renforcé leurs positions sur la scène internationale et quelques-uns y font même leurs premiers pas. Des pas de géant comme dans le cas de Madagascar, où des découvertes importantes de titane, de cobalt, de nickel et même de bauxite ont été faites. Si la multinationale Rio Tinto est impliquée dans le titane, c’est un consortium associant Canadiens, Japonais et Sud-coréens qui se charge du nickel. Autre matière première très recherchée, l’uranium pourrait bientôt faire les beaux jours du Malawi. Ce sont aujourd’hui le Niger et la Namibie qui se partagent 90 % de la production africaine.

Le fer africain est également l’objet de toutes les attentions. La production mondiale d’acier progresse de 8,6 % en rythme annuel, tandis que les sites traditionnels, notamment au Brésil et en Australie, ne parviennent pas à fournir. Les sites géants de Nimba et Simandou, en Guinée, devraient être entrés en opération, fournissant près de 5 % de la production mondiale actuelle (2 millions de tonnes).

Jusqu’à présent, l’Afrique ne fournissait que 4 % du fer mondial, mais les experts prévoient que le continent représentera plus de 15 % de la production d’ici dix ans. C’est dire que la Mauritanie, pays leader du continent avec sa Société nationale industrielle et minière (SNIM), ne sera donc plus isolée. La Guinée affiche même l’ambition de devenir le troisième producteur mondial. Dans d’autres régions du continent, des pays riches en fer comme Madagascar et le Gabon sont aussi courtisés.

La RD Congo se réconcilie quant à elle progressivement avec les majors internationaux. Ce pays à l’immense potentiel géologique attire désormais massivement les investisseurs miniers. Les difficultés qu’il a traversées ont laissé le secteur du cuivre à l’abandon, avec une production divisée par plus de dix. Mais la copper belt (« ceinture de cuivre ») du Katanga, où se trouvent 10% des réserves mondiales de cuivre et un tiers de celles de cobalt, devrait marquer rapidement la renaissance du secteur minier congolais. La Chine est en première ligne dans le pays, qui a échangé un soutien financier contre l’assurance de se voir délivrer des minerais.

Autre principale convoitise du continent, l’or. Le métal jaune « pèse » près de 65 milliards de dollars par an et principalement exploité en Afrique du Sud et au Ghana à travers les trois plus grandes multinationales d’extraction, soit AngloGold (Afrique du Sud), Barrick Gold (Canada) et Newmont Mining (USA).

Le Sénégal qui était connu jusqu’ici pour sa production de phosphates s’efforce de diversifier son industrie minière. Autorités et privés ont commencé à développer ces dernières années l’exploitation de l’or dans le sud-est du pays, où se trouve l’essentiel des réserves. Et même si le Sénégal n’a pas vocation à devenir l’un des acteurs majeurs de la filière aurifère, trois projets prometteurs sont soit en exploitation soit en train de se mettre en place. Le Sénégal n’est entré que ces dernières années dans la famille des producteurs d’or. L’exploitation du gisement de Sabodala a démarré en mars 2009. On est certes encore bien loin des résultats du voisin malien, qui produisait 11 fois, mais ces premiers pas sont jugés encourageants par les autorités, qui attendent la mise en exploitation de nouveaux sites.

Le Sénégal mise sur un système minier diversifié dans lequel, à l’avenir, devraient également se trouver le Zircon, le titane, le fer, le cuivre, le lithium.

Si le Sénégal n’a pas su profiter du boom des phosphates avant de voir sa production s’effondrer, cela est loin d’être le cas du deuxième producteur mondial et premier exportateur des phosphates avec près de 50 % de part de marché, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP du Maroc). Le géant mondial des phosphates a beaucoup profité de la reprise des exportations et du bon comportement des ventes des autres produits dérivés (acide phosphorique, engrais naturels et chimique, phosphate).

Aujourd’hui, la conjoncture a fini de replacer l’Afrique au centre du jeu mondial: la demande a considérablement augmenté depuis dix ans, dopée par la voracité de la Chine, qui développe son industrie. Les augmentations de production des deux pays leaders, l’Australie et le Brésil, ne sont pas suffisantes pour faire face.

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