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Interview : Khalid Michbal, Directeur régional Afrique francophone de 3M

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«Nous aidons les groupes miniers à faire une cartographie de leur site et à identifier les risques majeurs»

 

 

Khalid MichbalAFRIMAG : La réputation de l’industrie minière en Afrique n’est pas souvent brillante à cause du manque de sécurité dans les mines. Est-ce à dire qu’il est très difficile de sécuriser les sites miniers sur le continent dont la majorité est située dans des zones reculées et souvent négligées ?

Khalid Michbal : Le secteur minier est un milieu hostile pour les individus. Une bonne protection de ces derniers mais aussi de l’environnement passe indéniablement par trois éléments fondamentaux.

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La Responsabilité sociale des compagnies minières communément appelée (CSR : Corporate Sociale Reponsability). Généralement les compagnies minières internationales sont tenues d’avoir des standards stricts en matière de sécurité des employés et de l’environnement. Ces standards sont censés être appliqués et respectés dans tous leurs sites miniers. Ensuite, la volonté des Etats à appliquer et à renforcer les standards de sécurité. Toutes les conventions minières stipulent clairement la charte de respect de l’environnement et la protection des employés. Les mécanismes de contrôle et d’application diffèrent par ailleurs d’un pays à un autre. Enfin, le niveau de sensibilisation et de prise de conscience des employés. En effet, l’employeur peut s’efforcer à fournir les équipements appropriés, mais s’il n’y a pas une adhésion et une implication de la part des employés, cette tâche devient difficile.

Que propose aujourd’hui 3M pour accompagner les compagnies minières en Afrique?

La mise à niveau des standards fait partie des défis majeurs que nous avons rencontrés lors de notre expansion géographique, s’y ajoutent également la difficulté d’accès et les soucis de logistique. En effet, les mines se trouvent dans des régions enclavées, et l’accès dans certains cas s’avère extrêmement difficile, que ce soit pour des visites ou pour la livraison de marchandises. Il est nécessaire de rappeler que beaucoup de groupes miniers cherchent notre marque mais il leur est difficile de la trouver localement, ce qui les pousse à l’importer d’Europe, du Canada ou d’autres sources. Dans certaines situations, les groupes miniers se trouvent contraints d’acheter ce qu’ils trouvent localement en cas de rupture. Notre politique a été d’identifier des partenaires locaux par pays qui ont les capacités humaines, logistiques et financières nécessaires pour servir nos clients dans les meilleures conditions et de se positionner en tant que professionnels dans le métier de la sécurité et de la protection individuelle sur les lieux de travail, et non des généralistes ou des comptoirs qui font de simples opérations de négoce.

Nous avons également permis à notre clientèle une meilleure gestion de leur stock en mettant à disposition un stock local et dans certains pays, un stock en consignation sur site pour répondre à la contrainte d’accès et réduire ainsi les incidents de rupture. Cela évite à nos clients d’avoir à gérer un stock de 6 mois pour plusieurs articles. Nos clients ont aujourd’hui des répondants professionnels, qui peuvent leur apporter le conseil et nous faisons un transfert d’expertise, en répliquant les bonnes pratiques d’autres pays d’Amérique du Nord, ou d’Amérique Latine. Nous organisons régulièrement des séances de formations et des ateliers pour nos partenaires et clients finaux. Le but étant de rester continuellement dans un processus d’amélioration et d’optimisaton.

Au-delà de l’Afrique du Sud et ses pays frontaliers communs, on constate que d’autres régions du continent comme l’Afrique de l’Ouest sont de plus en plus dynamiques en termes d’exploitations minières. Comment 3M s’organise-telle pour couvrir cette région qui englobe le Burkina Faso, pays accueillant aujourd’hui le SEMICA?

La région de l’Afrique de l’Ouest déborde de ressources minières (fer, cuivre, bauxite, or…), beaucoup de pays ont appliqué des réformes à leur code minier pour attirer de nouveaux investisseurs. Le cas du Burkina en est le meilleur exemple : on y assiste à une florescence du secteur minier particulièrement celui de l’or. Il y a d’importants projets en cours d’exploitation et plusieurs explorations en cours qui promettent de bons résultats dans le court terme.

Pour rester proche de notre clientèle, nous avons établi un partenariat avec le leader national dans la fourniture des équipements de protection individuelle, et proposons aujourd’hui des solutions personnalisées en fonction des contraintes réelles et spécifiques de chaque mine et de chaque poste.

Nous aidons les groupes miniers à faire une cartographie de leur site et à identifier les risques majeurs, et leur proposons les solutions appropriées avec un accompagnement permanent apporté par des équipes basées sur place. Nous leur offrons également la possibilité d’avoir un stock en consignation sur site pour eux ainsi que pour leurs sous-traitants.

Quel est aujourd’hui le portefeuille de 3M en Afrique dans le segment de l’exploitation minière mais également dans celui de l’énergie et des carrières ?

3M a été créée en 1902 au Minnesota, sa première activité était de concevoir des solutions pour le secteur minier, d’où l’origine des trois M (Minnesota Mining Manufacturing). C’est pour dire que 3M a une expérience de plus de 100 ans dans le domaine minier et dans plusieurs régions du monde allant de l’Amérique du Nord jusqu’aux mines du Chili et du Pérou, en Afrique du Sud et aussi en Chine, en Asie et au Pacifique.

Aujourd’hui 3M propose un large éventail de produits aux groupes miniers, et la sécurité n’en est qu’une partie. 3M offre aux miniers des solutions pour réduire les temps d’arrêt programmés et non programmés que ce soit pour la maintenance des bandes convoyeuses par exemple ou à cause de problèmes d’électrification en offrant une gamme riche de produits de raccordement, de réparation mais également de protection de câbles électriques sur le site surtout pour les mines qui ont des engins fonctionnant avec de l’électricité ce qui est le cas pour une grande mine en Mauritanie.

Nous proposons aussi un accompagnement aux miniers pour augmenter la visibilité des employés avec une gamme de bandes rétro réfléchissantes adaptées au contexte minier, et aussi celle des véhicules et engins sur site à travers une gamme de film de balisage afin de réduire le taux d’accident dû notamment à un manque de visibilité, en les aidant à définir les standards appropriés et en spécifiant les références exactes pour chaque application.

Prenant davantage en compte leur environnement et… leur réputation, notamment auprès des investisseurs en bourse, les groupes miniers en Afrique ont, commencé à mettre en place des politiques de sécurité. Qu’est-ce que ces groupes qui s’y sont lancés avec votre collaboration ont gagné depuis ?

La sécurité des employés est avant tout un impératif. Cela pourra se traduire en effet par une meilleure qualité de travail et de capitalisation sur les compétences humaines.

Beaucoup de groupes miniers de renom comme Rio Tinto, Ashanti Gold, Kinross, IAM Gold mais aussi des groupes locaux comme SNIM en Mauritanie par exemple, accordent une importance majeure à cet aspect-là. 3M propose aujourd’hui à ces groupes une assistance et un conseil technique sur site pour les employés afin de les sensibiliser sur le port des équipements de protection individuelle, et en leur offrant des produits de bonne qualité qui leur permettent de travailler dans des conditions décentes et confortables. Au delà, je dirai également que certains Etats deviennent aussi regardants vis-à-vis de cet aspect-là. Regardez ce qui se passe actuellement en Turquie. Pour les Turcs, l’Etat est considéré comme le premier responsable de l’accident de la mine de charbon de la ville de Soma. Et à juste titre, car les Etats doivent assumer leurs responsabilités en veillant à ce que les groupes miniers mettent la sécurité de leurs employés en haut de la liste des priorités et leur offrent des produits de qualité répondant aux normes internationales, et non des produits d’origine douteuse ou de qualité discutable.

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