L’Afrique détient la clé de la sécurité alimentaire mondiale, car possédant 60% des terres arables inutilisées de la planète, a affirmé le PDG du groupe Office Chérifien des Phosphates (OCP), Mostafa Terrab, dans une déclaration à l’influent quotidien économique et financier britannique, Financial Times (FT).
Dans son numéro paru mercredi 8 février, le FT souligne qu’au lendemain de la guerre en Ukraine et au milieu de craintes quant à la sécurité alimentaire du continent, le groupe marocain OCP, la plus grande entreprise d’engrais phosphatés au monde, a donné plus de 500.000 tonnes aux petits exploitants des pays de l’Afrique au sud du Sahara, une partie gratuitement, le reste à prix réduits.
Des engrais spécifiques, adaptés aux sols africains, pour augmenter les rendements.
Selon le quotidien économique, l’OCP, qui fournit déjà 70% des engrais en Afrique, prévoit de vendre 4 millions de tonnes, soit plus d’un quart de sa production prévue, sur le continent en 2023 dans le cadre d’un programme qui comprend la formation des agriculteurs en coopération avec des donateurs multilatéraux.
M. Terrab a insisté sur le fait que la stratégie clé de la société, qui consiste à développer des engrais spécifiques, adaptés aux sols africains, était le moyen de réduire les prix et d’augmenter les rendements.
« La spécification est moins coûteuse car nous utilisons moins de nutriments. Nous n’obligeons pas les agriculteurs à acheter ce dont ils n’ont pas besoin », a-t-il expliqué au quotidien économique, notant que les produits spécifiques de l’OCP avaient déjà augmenté les rendements des agriculteurs en Éthiopie, en Tanzanie et au Ghana.
« En Afrique, nous devrions être totalement autosuffisants, et même exporter », a estimé M. Terrab, assurant que « les grandes opportunités se trouvent vraiment sur le continent ».
Bien que seulement 25% des ventes d’OCP soient réalisées en Afrique, la société la considère comme une zone de croissance clé et a créé une filiale dédiée, OCP Africa, ainsi que des unités de production spéciales, précise l’influent quotidien britannique.
2012, les premiers pas du géant mondial des engrais phosphatés en Afrique subsaharienne
L’OCP a commencé à regarder vers le sud en 2012, à une époque où les entreprises marocaines recherchaient la croissance externe dans les États subsahariens pour s’étendre au-delà de leur marché intérieur, relève le quotidien, assurant que cette stratégie a contribué à renforcer le soft power et l’influence du Royaume chérifien.
Des bénéfices records en 2022
Par ailleurs, le quotidien britannique indique qu’au moment où les retombées de la guerre en Ukraine ont été catastrophiques pour les entreprises européennes d’engrais azotés en raison de la flambée des prix du gaz naturel qui constitue leur matière première, l’année 2022 a été synonyme de bénéfices records pour l’OCP.
Au cours des neuf premiers mois de l’année dernière, le bénéfice d’exploitation de l’OCP a atteint 3,65 milliards de dollars, contre 1,99 milliard de dollars pour la même période en 2021, soutient la même source.
L’entreprise, qui compte des investissements majeurs dans l’exploitation minière et la production d’engrais et même une université pour soutenir la recherche et le développement, a également annoncé récemment son intention d’investir 13 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. L’objectif étant d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040.
En 2021, la capacité de production d’engrais de l’OCP a quadruplé pour atteindre 12 millions de tonnes et ses revenus se sont élevés à 9,4 milliards de dollars, contre 2,5 milliards de dollars en 2005, détaille le FT, précisant qu’à la mi-janvier, l’agence de notation Moody’s a attribué pour la première fois à la société une note de crédit de catégorie investissement, à savoir Baa3.
Avec MAP





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