Les résultats financiers de 2025 sont en train de tomber et ils donnent une bonne idée de l’évolution du secteur. Les compagnies aériennes européennes se tirent à leur avantage de cette dernière année alors que les géants américains restent un peu à la peine. Au total l’année 2025 n’aura pas été si mauvaise, aidée en cela par un coût du pétrole resté raisonnable autour des 67 dollars le baril en moyenne. Rappelons que, en 2010, les analystes l’attendaient à 200 dollars ! Comme quoi, faire des prévisions surtout à long terme reste un exercice périlleux

Les géants américains montrent quelques signes de faiblesse. Le résultat net de Delta Air Lines est en baisse de 5% à 3,8 milliards de dollars tout de même, celui de United Airlines est annoncé en hausse de 6%, mais American Airlines voit le sien s’effondrer de 87% à seulement 111 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 54 milliards de dollars, soit le double de celui du groupe Air France/KLM.
Embellie pour Air France/KLM et Lufthansa
Celui-ci réalise une vraie performance en passant tous ses indicateurs au vert avec un résultat net de 1,754 milliards d’euros à comparer aux 489 de l’année précédente et ses indicateurs financiers depuis les capitaux propres jusqu’à la trésorerie sont tous en amélioration. Seul bémol, sa filiale «low cost» Transavia France n’arrive toujours pas à dégager un profit et ses coûts unitaires restent élevés pour ce secteur d’activité à 6,73 euros le siège kilomètre offert contre une recette de 6,64 euros. Bon résultat également pour Lufthansa Group qui signe une progression de son bénéfice de 32% à 1,93 milliard d’euros. Seul le groupe IAG voit son bénéfice en baisse de 2,3% avec tout de même un volume de 1,4 milliard d’euros.
Les résultats complets du secteur d’activité ne sont pas encore connus car les transporteurs du Golfe et certains asiatiques ou africains arrêtent leurs comptes au 31 mars. Ils s’annoncent néanmoins favorables.
Reste que beaucoup d’aléas peuvent impacter l’activité du transport aérien et ils vont toujours dans le mauvais sens. Rien que pour 2025, le «shut down» aux USA a certainement pesé lourdement sur les résultats des grands transporteurs américains car il est arrivé au moment où les familles se réunissent pour les fêtes de fin d’année. Et puis les conflits actuels ou prévus compliquent sérieusement les exploitations. C’est le cas pour les transporteurs européens qui voient leurs temps de vol rallongés de l’ordre de 2 heures pour les dessertes vers l’Asie à la suite de l’interdiction de survol de la Sibérie et de la situation iranienne, alors que les transporteurs asiatiques n’ont pas les mêmes inconvénients. Et puis les annonces tonitruantes du Président américain Donald Trump perturbent au moins les plans d’exploitation à court et moyen terme.
La réouverture du marché vénézuélien augure de belles perspectives
Mais au milieu de ces difficultés auxquelles je pourrais ajouter l’impact des contraintes écologiques qui ont fortement pénalisé des compagnies comme KLM par exemple, il y a quelques sujets de satisfaction. D’abord et pour bientôt, la réouverture des liaisons vers le Venezuela, un grand pays et une destination importante pour des raisons à la fois économiques, mais aussi touristiques et familiales. Voilà qui va donner un coup de fouet aux dessertes sud-américaines et elles en ont bien besoin.
Et puis les compagnies aériennes ont pris un tournant historique. Au lieu de rechercher, comme cela a été le cas pendant plus de 30 ans, la baisse des tarifs qui ne pouvait se justifier que par l’effondrement de la qualité du produit aérien avec la diminution des prestations et la densification à l’excès des cabines, on assiste maintenant à une remontée de la qualité du produit. En fait, l’inflexion a été donnée par le Covid. Dès la fin de cette pandémie si désastreuse, les opérateurs ont remonté leurs tarifs et il se sont aperçus que cela n’entraînait pas une diminution de la clientèle. Certes, ils auraient pu s’en douter avant, mais mieux vaut tard que jamais. Et le pli a été pris. Les compagnies européennes en particulier ont toutes décidé d’améliorer leurs produits. Le plus spectaculaire est à constater chez Air France/KLM qui, il faut le dire, était descendu très bas. Sa politique de remontée de son niveau est bénéfique si l’on en croit la grande amélioration de ses résultats financiers. Les clients sont prêts à payer plus cher pour avoir un meilleur produit. Ce n’est pas nouveau et il est bon que les dirigeants des compagnies aériennes s’en soient rendus compte.
Si cette stratégie se poursuit et si, par chance, les conditions géopolitiques ne se dégradent pas au cours de l’année 2026, on peut prévoir une nouvelle amélioration des résultats qui fera du transport aérien le secteur d’activité en pointe dans le monde … pour le bien de tous.




![Édito | Résultats financiers du secteur : changement de stratégie dans le transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] Les géants américains montrent quelques signes de faiblesse. Le résultat net de Delta Air Lines est en baisse de 5% à 3,8 milliards de dollars tout de même, celui de United Airlines est annoncé en hausse de 6%, mais American Airlines voit le sien s’effondrer de 87% à seulement 111 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 54 milliards de dollars, soit le double de celui du groupe Air France/KLM.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/02/Lufthansa-.jpg)

![Édito | L’Europe veut-elle tuer son transport aérien ? [Par Jean-Louis Baroux] C'était l'époque où les transporteurs nationaux : Air France, Lufthansa, British Airways, Alitalia, SAS, KLM et j'en passe avaient développé le premier réseau international mondial, loin devant même les États-Unis largement concentrés sur leur espace domestique. Les temps ont bien changé. Les opérateurs traditionnels n'ont pas su gérer l'arrivée des transporteurs « low costs » dans lesquels ils ont vu des ennemis au lieu de les considérer comme de fantastiques développeurs de marché.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Avion--450x253.jpg)




