Le Moyen-Orient est une fois encore à la une de l’actualité internationale et le théâtre d’une série d’événements géopolitiques majeurs qui vont redessiner la carte du monde arabe et de la région MENA héritée des accords de Sykes Pico, nous assistons en effet à des changements qui ont débuté en 2011 avec le ‘Printemps arabe’ puis en 2015 suite à la guerre au Yémen et l’entrée en scène de proxys manipulés par des puissances extérieures Daech, les Houtis, Hezbollah, le Polisario et j’en passe

Ceci m’a poussé à revisiter le texte d’une conférence que j’avais donnée dans les années 1994 à l’IEP de l’Université de Toulouse le Mirail et à relire des ouvrages fondateurs de la géopolitique du système régional arabe dont celui de R.W.McDonald sur la ligue arabe et la guerre froide interarabe datant de 1965, celui d’Ali Eddin Hilal sur le système régional arabe, ainsi que l’analyse quantitative des conflits interarabes d’Ahmed Youssef Ahmed et l’étude d’Ahmed Ali Salem sur la sécurité collective dans la Ligue arabe, et ce tout en procédant à une actualisation des base de données utilisées dans mes travaux antérieurs.
L’analyse des données recueillies démontre sans ambages que le monde arabe est rentré dans une nouvelle phase puisque non seulement le centre de gravité du système s’est déplacé du Machrek vers la péninsule Arabique deux pays sortent du lot cette fois l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui sont devenus les pôles structurants d’une compétition désormais économique autant que stratégique mais surtout l’idéologie du panarabisme a cédé la place aux rivalités géopolitiques et sectaires et surtout les conflits intra-étatiques (guerres civiles, fragmentation, effondrement des institutions) ont supplanté les conflits interétatiques qui structuraient la période antérieure. Le même phénomène est également observé en Afrique ou les milices et mouvements terroristes supplantent les armées régulières.
Plus que jamais, le monde arabe est livré aux interventions étrangères non arabes et aux proxys non-étatiques manipulés de l’extérieur, tandis que la Ligue des États arabes, dont l’architecture institutionnelle reflète l’ordre westphalien, est paralysée par l’exigence d’unanimité, voit ses résolutions à quelques exceptions près réduites à des vœux pieux face à la puissance des acteurs extérieurs.
L’analyse des tentatives de création d’une force arabe commune révèle les obstacles persistants sur la voie d’une véritable architecture de sécurité collective, conduisant les États à délaisser l’ambition d’une défense intégrée au profit de stratégies individuelles et de coalitions flexibles.
En effet, nous assistons depuis le printemps arabe en 2011 à une revitalisation de la coopération militaire régionale pour créer une force arabe commune, les obstacles rencontrés, et les conditions nécessaires à la mise en place d’une architecture de sécurité collective ne sont pas certes tous remplis mais les récentes agressions de l’Iran contre les pays du CCG vont accélérer la refonte de la politique de défense commune.
Le monde arabe, jadis sujet de son histoire, est devenu objet des rivalités entre puissances extérieures. La pénétration étrangère – iranienne, russe, américaine, européenne, turque, chinoise, indienne- a atteint un niveau sans précédent, tandis que les acteurs non-étatiques (milices, mouvements politico-religieux, groupes armés…) sont devenus les vecteurs privilégiés de cette influence extérieure. Dans ce contexte, la Ligue des États arabes, dont l’architecture institutionnelle est fondamentalement viciée par l’exigence d’unanimité, une règle qui contraste nettement avec la majorité des deux tiers requise notamment à l’OEA et l’ex OUA, a vu son rôle se réduire en peau de chagrin.
Rappelons pour l’histoire que le système régional arabe était pratiquement sous influence égyptienne jusqu’à la guerre des six jours de 1967, la Ligue arabe, dont le siège est au Caire, est dirigée depuis sa création par des Secrétaires généraux égyptiens. Cette centralité égyptienne n’est pas seulement institutionnelle, elle est aussi politique et symbolique. Le Caire est le cœur du monde arabe, le lieu où se négocient les compromis, où se scellent les alliances.
Toutefois, dès les années 1970, les États du Golfe ont commencé à construire une autonomie relative ; ils deviennent les « bailleurs de fonds » des États de la ligne de confrontation (Égypte, Syrie, Jordanie), ils développent une identité « golfique » distincte, encouragée en cela par les puissances occidentales soucieuses de les isoler des dynamiques conflictuelles du Machrek pour en faire un havre de paix et de prospérité et le siège régional de leurs multinationales.
Les limites de la sécurité collective arabe
L’étude sur la sécurité collective dans la Ligue arabe et ses mécanismes institutionnels est révélatrice ; avec un taux d’intervention de seulement 24 % et un taux de succès de 18 % sur 18 conflits interarabes entre 1946 et 1990, la Ligue présente le bilan le plus faible des quatre organisations de sécurité collective examinées – loin derrière l’Organisation des États américains (OEA) avec ses 63 % d’intervention et 37 % de succès, et même derrière l’Union africaine (ex -OUA) avec ses 31 % d’intervention et 23 % de succès (Mark W. ZacherInternational Conflicts and Collective Security, 1946-77, the United Nations, Organization of American States, Organization of African Unity, and Arab League).
La faiblesse fondamentale de la Ligue, rappelons-le, réside dans son exigence d’unanimité pour toute résolution concernant un conflit armé – une règle de vote de cette exigence signifie qu’un État membre peut opposer son veto à toute action, ce qui rend l’organisation pratiquement impotente face aux conflits inter-coalitions qui dominent la politique arabe.
Seules trois crises dans l’histoire de la Ligue ont conduit à une action de sécurité collective : la guerre civile au Yémen (1962-1967) où l’intervention n’a eu lieu qu’après que l’Égypte eut volontairement décidé de retirer ses troupes, l’intervention contre les menaces irakiennes contre le Koweït en 1961 et la crise de 1990 lorsque Saddam Hussein ordonna d’envahir le Koweït.
Les trois cas démontrent que la sécurité collective arabe ne fonctionne que lorsque le consensus normatif s’aligne avec les intérêts des États les plus puissants. Lorsque les normes entrent en conflit (souveraineté contre anti-intervention en 1990) ou lorsque il ya une parité des puissances régionales, les faiblesses institutionnelles de la Ligue- en particulier l’exigence d’unanimité- la rendent largement impotente dans ce domaine régalien. (Ahmed Ali Salem).
Malgré ces faiblesses, la Ligue arabe avait le mérite d’agir lorsque les conflits touchent à l’intégrité territoriale, le seul véritable consensus normatif dans le système interarabe. Les quatre conflits territoriaux (Soudan-Égypte 1958, Irak-Koweït 1961 et Irak-Koweït 1973) ont tous été résolus plus au moins avec succès, soit par l’intervention directe de la Ligue ou en cogestion des crises avec une autre Organisation internationale comme l’OUA (ce fut le cas de la guerre des Sables entre l’Algérie et le Maroc en 1963), soit par la pression diplomatique des États membres.
L’échec de l’OTAN arabe et l’émergence de stratégies alternatives
Le projet d’une « OTAN arabe » s’est heurté à des obstacles structurels insurmontables, poussant les États de la région à délaisser l’ambition d’une défense commune au profit de stratégies individuelles et de coalitions flexibles.
L’ambition de créer une Force arabe conjointe a été reportée indéfiniment en raison d’un manque de consensus diplomatique et de visions stratégiques inconciliables. Plusieurs pays redoutaient que cette force ne serve des intérêts hégémoniques ou ne s’ingère dans les affaires intérieures des États membres.
Au cœur de ce blocage réside un manque de confiance structurel et une protection jalouse de la souveraineté nationale. Les chefs d’état-major arabes sont historiquement réticents à placer leurs troupes sous un commandement étranger, d’autant plus que la menace est souvent perçue différemment d’une capitale à l’autre (Iran, Israël ou terrorisme) ces mêmes facteurs paralysent d’ailleurs également la politique de défense commune en Europe. De plus, l’absence de définition commune du terrorisme – notamment concernant les Frères musulmans mouvement politique ou groupe terroriste selon les pays – a rendu toute doctrine militaire unifiée impossible.
L’émergence d’alternatives pragmatiques
Face à l’impuissance d’une sécurité collective permanente, les États arabes et notamment ceux du Golfe ont adopté des approches adaptatives et diversifiées pour garantir leur survie :
La couverture stratégique (Hedging) : Des pays refusent la logique de blocs et maintiennent des relations équilibrées avec des puissances rivales (États-Unis, Iran, Turquie) pour préserver leur autonomie ;
Le suivisme (Bandwagoning) : À l’inverse d’autres pays préfèrent s’aligner étroitement sur des puissances majeures comme l’Arabie saoudite ou les États-Unis pour obtenir des garanties de sécurité directes ;
Les coalitions ad hoc : en lieu et place d’une armée commune permanente, les États privilégient désormais des coalitions temporaires formées pour des menaces précises, comme l’intervention au Yémen en 2015 ou la lutte contre l’État islamique. Ces structures sont jugées plus souples et moins menaçantes pour la souveraineté ;
L’internationalisation : La sécurité est souvent assurée grâce à la coopération étroite avec les puissances occidentales (notamment les États-Unis) et, plus récemment, basée sur une recalibration stratégique via des accords de partenariat stratégiques pour contre balancer l’influence iranienne dans la région ;
Résilience interne : Les États se concentrent sur le renforcement de leur propre stabilité à travers des visions nationales à long terme (Visions 2030, 2035, 2040) et la modernisation de leurs capacités défensives autonomes.
En somme, la sécurité dans le monde arabe a muté d’un idéal de force commune vers un système à géométrie variable, où la diplomatie de médiation et les partenariats internationaux priment sur la création d’une architecture militaire arabe unifiée.
Dépendance stratégique et les limites de l’autonomie militaire
Convaincus que l’administration américaine sous Obama et Biden ne serait plus un garant fiable, pivotant vers le Pacifique pour contenir la Chine, les pays du Golfe ont, depuis 2011, considérablement accru leurs capacités militaires, multiplié les partenariats avec des fournisseurs non traditionnels, revisité la gouvernance militaire, créé des écoles de guerre pour former leur propre état-major, et diversifié leurs partenariats vers la Chine, la Russie et la Turquie.
Sur le plan sociétal, cette quête d’autonomie s’est accompagnée d’une militarisation inédite : conscription, mémoriaux aux « martyrs », défilés militaires et films glorifiant le sacrifice des soldats, autant d’outils visant à forger une nouvelle identité nationale fondée sur le devoir plutôt que sur la rente pétrolière. (Jean Loup SAMAAN, New military strategies in the Gulf 2023).
La diversification des partenariats : un hedging aux limites manifestes
Plusieurs pays arabes et asiatiques ont procédé à une diversification de leurs partenariats à d’autres fournisseurs d’armement et d’expertise sécuritaire (Chine, Russie, Inde, Brésil, Turquie etc.) on achète de plus en plus des drones Turcs, chinois, des missiles russes Kornet, des missiles balistiques chinois SY-400 et S-400 etc. tout en recevant des batteries et des boucliers anti-missiles Patriot. Cette stratégie de diversification n’a pas réduit leur dépendance fondamentale à l’Occident. Ces pays pratiquent une politique de neutralisme positif chére à J. Nasser en évitant de choisir entre les grandes puissances, préservant leurs relations avec l’hégémon en place les USA et les challengers la Chine et la Russie.
Toutefois, force est de constater que les fournisseurs occidentaux et surtout américains éclipsent celles de la Chine et de la Russie combinées ; l’écart qualitatif est plus grand encore : les batteries Patriot américaines, les F-35 et les navires de guerre n’auraient pas d’équivalents chinois ou russes que les forces du Golfe pourraient opérer efficacement (la guerre furtive entre l’Inde et le Pakistan va certainement donner à réfléchir aux planificateurs stratégiques arabes suite aux succès des aviateurs pakistanais dans les duels aériens) .
Toutefois, force est de constater que ces nouveaux partenariats seraient susceptibles de créer également des vulnérabilités dans la mesure où les entreprises chinoises comme Huawei, qui construisent l’infrastructure 5G à travers le Golfe, et même les sociétés gestionnaires de l’IA comme Deepseek ou Qwen doivent se conformer à la loi chinoise de 2017 sur le renseignement qui les oblige à partager les données étrangères avec le gouvernement de Pékin. De plus, les systèmes de défense russes ou chinois, pourraient créer des problèmes d’interopérabilité et exposeraient la technologie américaine au renseignement étarnger. (Jean Loup SAMAAN, op cit).
Somme toute, cette diversification des partenariats ne s’est pas traduite en autonomie stratégique. Comme le montre l’analyse des dépendances militaires, les ventes d’armes américaines au Golfe éclipsent celles de la Chine et de la Russie combinées.
La Ligue Arabe une organisation en déclin ou en recomposition ?
Les pays arabes se détournent progressivement de la Ligue Arabe préférant parfois d’autres forums l’OCI, le CCG, les BRICS voire l’Union africaine ou le CENCAD (cas de la Libye), car l’affaiblissement de la ligue arabe est frappant elle est devenue inopérante sur des dossiers majeurs à part quelques succès dans le domaine économique, social et culturel.
Plusieurs facteurs expliquent cet affaiblissement : d’abord, la montée du minilatéralisme rampant et la multiplication des forums alternatifs – ces coalitions de quelques États partageant des intérêts convergents, qui contournent les cadres multilatéraux traditionnels pour agir de manière plus flexible et plus rapide. Le Conseil de coopération du Golfe, l’Union du Maghreb arabe, ou encore les accords d’Abraham illustrent cette tendance à privilégier des cadres restreints et efficaces sur des institutions trop larges et trop lentes.
Ensuite, et à l’exception de pays connecteurs comme le Royaume du Maroc trait d’union entre le Mashrek et le Maghreb, la fragmentation sous-systémique en trois sous régions, trois logiques au Maghreb au Mashrek et au CCG sans compter la Corne de l’Afrique prend de l’ampleur ce qui indique une déconnexion fonctionnelle quasi-totale entre les trois grandes dynamiques régionales.
Ensuite, la divergence croissante des intérêts entre États membres. Les monarchies du Golfe, qui financent le budget de la Ligue, n’ont plus les mêmes priorités que les États du Machrek ou du Maghreb. Les premières sont préoccupées par leur développement économique, la sécurisation de leurs investissements, la gestion de leurs rivalités internes. Les seconds cherchent un soutien face à leurs crises internes, une aide financière, une légitimité internationale.
Enfin, la pénétration étrangère a rendu la Ligue encore plus impuissante. Comment une institution qui fonctionne par consensus pourrait-elle prendre position sur un conflit où les puissances extérieures sont directement impliquées ?
La primauté de l’économique : les visions comme géopolitique
La Vision 2030 (Arabie saoudite) et Vision 2031 (Émirats arabes unis), et d’autres Plans d’Emergence appliqués discrètement ou annoncés en grandes pompes par d’autres pays , pour monter en puissance, ne sont pas de simples plans de développement ; ils représentent des modèles concurrents d’ordre régional dont l’antagonisme structurera le Moyen-Orient pour les décennies à venir.
Cette compétition économique n’est pas un sous-produit de la géopolitique – elle est la géopolitique. Les décisions d’investissement, les routes commerciales, les hubs logistiques et les zones franches fonctionnent désormais comme des armes stratégiques.
S’ajoutent à ces facteurs du déclin la pénétration du système par des puissances extérieures qui faussent les règles du jeu : à quelques exceptions près, le monde arabe n’est plus maître de son destin, livré aux puissances étrangères et leurs proxys.
Le système régional arabe n’est pas une situation chaotique il a ses régularités, ses équilibres, ses règles implicites. C’est un espace multiplexe où coexistent plusieurs pôles, sans alliances durables, des guerres par procuration sur le terrain de pays en guerre civile d’autres en compétition économique, sans qu’aucune puissance soit elle arabe ou étrangère ne puisse imposer sa volonté à l’ensemble de la région ; les États-Unis peuvent toujours agir au niveau des dyades de pays en conflit mais pas instaurer une pax americana comme par le passé avec les arbitrages de Henri Kissinger pour mettre fin aux hostilités et les interventions de Bill Clinton pour conclure les accords de Camp David.
L’absence d’une véritable architecture de sécurité collective et de défense commune, mise en lumière plus haut, aggrave cette situation. Les obstacles identifiés—défiance mutuelle, souveraineté vulnérable, divergence des perceptions de menace, absence de centre de pouvoir—restent aussi prégnants en 2026 qu’ils l’étaient en 1961 ou en 2015.
Le projet de force arabe commune est resté lettre morte, la seule exception à retenir dans les annales de l’action arabe commune est le commandement commun des différents contingents arabes venus porter assistance à l’Egypte et la Syrie lors de la guerre de Kippour d’octobre 1973 (contingent du Maroc au Golan et au Sinaï et le contingent Irakien à titre d’illustration).
Les alliances ad hoc se multiplient mais ne débouchent pas sur un projet durable. Victimes des méfiances réciproques et des rivalités d’influence entre les capitales arabes les partenariats prometteurs sud-sud, qui pourraient constituer le socle d’une défense collective fondée sur des affinités culturelles, religieuses et stratégiques profondes, restent sous-exploités et souvent limités à la sécurité intérieure (la coopération policière et des ministères de l’Intérieur est une exception mais pas la règle et ne peut pas cacher la forêt).
L’ancien ordre celui de la guerre froide inter-arabe, de l’unipolarité américaine, des blocs idéologiques, est révolu, le nouvel ordre arabe n’est pas encore né, entre les deux s’est installé ce que l’on pourrait appeler un entre-deux prolongé : une ère de transition qui perdure, d’incertitude permanente, de recomposition continue. Ce n’est pas une simple phase de transition c’est un état quasi durable, c’est un système bloqué une configuration sui generis.
Références
• Ahmed Youssef Ahmed, Les conflits interarabes 1945-1981 : étude exploratoire
• Ahmed Ali Salem, La sécurité collective dans la Ligue arabe : entre théories réaliste et constructiviste
• Ali Eddin Hilal, Le système régional arabe : étude des relations politiques arabes
• Florence Gaub (2016) An Arab NATO in the Making? Middle Eastern Military Cooperation Since 2011. Letort Papers. Carlisle, PA : Strategic Studies Institute, U.S. Army War College.
• Palik, Júlia; Anna Marie Obermeier & Siri Aas Rustad(2022) Conflict Trends in the Middle East, 1989-2021. PRIO Paper. Oslo: Peace Research Institute Oslo.
• Jean-Loup Samaan, New military strategies in the Gulf the Mirage of Autonomy in Saudi Arabia, the UAE and Qatar
• Base de données (méthodologie de l’analyse évènementielle d’Edward Azar et Sloan)




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