La banque centrale du Nigeria a annoncé mardi 2 décembre des mesures radicales dans sa politique de lutte contre le blanchiment d’argent, introduisant des limites de retrait de l’argent liquide plus strictes et supprimant les frais sur les dépôts excédentaires afin de réduire la dépendance à l’égard des espèces et de lutter contre les risques liés à la sécurité et au blanchiment d’argent.
A compter du 1er janvier 2026, les particuliers seront limités à des retraits hebdomadaires cumulés de 500.000 nairas, environ 345,25 dollars US, et les entreprises à 5 millions de nairas, a indiqué l’institut d’émission dans une circulaire adressée aux banques. Les retraits au-dessus de ces seuils seront soumis à des frais de 3 % pour les particuliers et 5 % pour les entreprises.
Cette mesure qui a surpris le petit monde des professionnels du secteur financier, constitue la dernière étape en date des efforts déployés par le Nigeria pour parvenir à une économie avec le moins de numéraire possible après des années d’ajustements politiques et de difficultés d’application.«Ces mesures visent à modérer la hausse des coûts de gestion des espèces, à répondre aux préoccupations en matière de sécurité et à réduire le risque de blanchiment d’argent,» justifient les autorités monétaires.
En octobre dernier, le Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux plus grandes économies d’Afrique subsaharienne, ont été retirés de la liste du Groupe d’action financière internationale (GAFI), des pays faisant l’objet d’une surveillance accrue des flux financiers illicites.
Les autorisations spéciales pour les retraits mensuels importants, fixés à 5 millions de nairas pour les particuliers et à 10 millions de nairas pour les entreprises, ont été supprimées, de même que les exemptions accordées aux ambassades et aux agences de financement. Toutefois, les comptes de recettes publiques et certains établissements financiers demeurent exemptés. Les banques doivent déclarer les transactions dépassant les limites autorisées et tenir des registres distincts pour les frais perçus, précise la circulaire de la Banque centrale du Nigeria.





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