Le magnat nigérian Aliko Dangote a annoncé une expansion spectaculaire de sa méga-raffinerie. D’ici trois ans, sa capacité devrait doubler pour atteindre 1,4 million de barils par jour, faisant du Nigeria un acteur énergétique mondial incontournable.
C’est un pari audacieux qu’a révélé Aliko Dangote dimanche à Lagos : «Nous allons plus que doubler la capacité de production, à 1,4 million de barils par jour contre 650 000 actuellement,» a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Une telle montée en puissance ferait de la raffinerie nigériane la plus grande au monde, devant celle de Jamnagar, en Inde.
Inaugurée en 2024, la raffinerie Dangote a profondément transformé le paysage énergétique du Nigeria, longtemps dépendant des importations de carburants malgré sa position de premier producteur de pétrole africain. Avec une production nationale moyenne de 1,5 million de barils par jour, le pays ambitionne désormais de dépasser les deux millions.
Un tournant pour l’indépendance énergétique africaine
Aliko Dangote présente cette expansion comme un acte de foi en l’avenir du continent.
«Cette extension reflète notre confiance dans le Nigeria, notre foi dans le potentiel de l’Afrique et notre engagement à bâtir son indépendance énergétique,» a-t-il souligné.
La demande croissante venue d’Afrique de l’Ouest et de l’Est soutient cette ambition. La raffinerie exporte déjà du kérosène vers les États-Unis, l’Europe et le Brésil, et prévoit une entrée en bourse l’an prochain pour renforcer sa transparence et élargir son actionnariat.
Entre ambitions industrielles et tensions sociales
Symbole de renaissance industrielle, la raffinerie Dangote n’échappe toutefois pas aux controverses. L’entreprise a récemment été accusée par le syndicat Pengassan d’avoir licencié 800 employés syndiqués, remplacés par des travailleurs étrangers.
La direction a démenti, parlant de «mensonges» et évoquant seulement le renvoi d’un petit nombre pour «actes de sabotage.»
En septembre, la décision du groupe d’utiliser ses propres camions au gaz naturel pour la distribution du carburant avait déjà provoqué une grève de deux jours, suspendue après une médiation du gouvernement.
Dangote a tenu à remercier les autorités fédérales pour leur rôle dans le règlement du conflit, saluant «une médiation constructive face aux perturbations liées aux activités syndicales.»
L’Afrique à la croisée des flux énergétiques
Avec cette expansion, le Nigeria espère s’imposer comme un pilier de l’approvisionnement énergétique africain. Une seconde raffinerie privée, portée par un autre milliardaire, Abdul Samad Rabiu (BUA), est d’ailleurs en construction.
Si le pari Dangote réussit, Lagos pourrait devenir le cœur battant de la transformation pétrolière africaine — un symbole fort pour un continent longtemps dépendant de l’extérieur.





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