En quête de relais de croissance, plusieurs groupes bancaires africains, dont la Commercial International Bank (CIB) d’Egypte, l’Access Bank du Nigeria et la Nedbank d’Afrique du Sud, se sont rués sur le marché kenyan, un des plus dynamiques du continent, mais la concurrence des « fils du pays », les banques locales, bien implantées et disposant d’une meilleure maîtrise du marché, contrarie leurs ambitions et sans doute, un peu leur rentabilité.
L’attrait du Kenya réside dans son rôle de porte d’entrée vers la Communauté d’Afrique de l’Est, un bloc régional en pleine croissance avec en moyenne 5 % par an, au moins. « Cela devient extrêmement attractif », explique Kenny Fihla, PDG du groupe bancaire sud-africain Absa. Ce dernier a confié à Reuters que le groupe allait augmenter sa participation dans sa filiale kényane à 85 % du capital par le biais d’une offre publique d’achat (OPA).
Les majors bancaires africains ont multiplié les emplettes au Kenya tandis que des géants comme Standard Chartered et Société Générale se retiraient de l’Afrique subsaharienne pour se concentrer sur des marchés dits matures sur le continent dont le Kenya. Cependant, il faut du temps pour parvenir à une croissance dans un secteur bancaire très concurrentiel au Kenya, qui a généré 2 milliards de dollars de bénéfices avant impôts en 2024, selon les statistiques de la Banque centrale. Les acteurs locaux, Equity Group et la KCB (Kenya Commercial Bank) s’appuient sur des solides positions commerciales, une couverture régionale et des plateformes mobile-money très performantes. Les grandes banques kényanes détiennent des parts de marché se situant entre 10 et 15 %, tandis que les établissements de second rang, comme Family Bank, se situent autour de 9 %. A côté ce premier groupe, figure un grand nombre de petites banques détenant des positions plutôt marginales (moins de 2%).
Le capital minimum porté à 10 milliards de shillings
La décision des autorités monétaires de relever le capital minimum des banques de 1 milliard de shillings en 2024 à 10 milliards d’ici 2032 devrait stimuler la consolidation du marché bancaire d’un pays qui présente également l’avantage d’être une forte place de l’industrie du tourisme et hub régional des banques.
L’autre atout du Kenya tient dans sa réglementation financière solide, le rapatriement facile des dividendes et la libre circulation du shilling (avec une convertibilité certes limitée, mais bien plus large que chez les concurrents.)
Par ailleurs le vaste marché de consommation et son écosystème de paiement mobile avancé, mené par M-Pesa de Safaricom, soutiennent la banque numérique et la croissance de la clientèle. « Le niveau de développement de ce secteur technologique et des paiements est probablement parmi les plus avancés de tout le continent », a reconnu Jeremy Awori, PDG d’Ecobank, un groupe qui opère sur 34 marchés africains, dont le Kenya.
Les risques pour les nouveaux entrants
Mais des risques subsistent pour les banques étrangères qui s’implantent au Kenya, notamment la dette publique élevée du pays, le niveau important de créances douteuses et l’exposition aux chocs mondiaux tels que les fluctuations des prix du carburant. Le Kenya est également sujet à l’instabilité politique, même si globalement, les dégâts restent contenus. La prochaine échéance est en août 2027 lors de la tenue des élections générales.
Malgré ce risque politique, les dirigeants interrogés par l’agence Reuters ont déclaré que les perspectives à long terme restent positives pour le secteur bancaire au Kenya. « Si vous êtes un investisseur à long terme… c’est un marché prometteur, en croissance, qui a généré des rendements élevés sur les capitaux propres au cours de la dernière décennie », a déclaré Birju Sanghrajka, PDG de Standard Chartered Kenya.





Kenya


![Edito | Le transport aérien peut-il se passer des agents de voyages ? [Par Jean-Louis Baroux] Pendant très longtemps, la position des agences de voyages est restée très forte. Ce circuit de distribution représentait 70 % des émissions de billets, et ce jusqu'au début des années 2000. Il reste encore très significatif, bien qu'il ait considérablement évolué et que les méthodes de commercialisation entre les OTA (Online Travel Agents) et les distributeurs traditionnels n'aient pas grand-chose à voir.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Agent-de-voyages--450x218.jpg)


