Plusieurs dirigeants estiment que les grandes agences de notation financière, S&P Global Ratings, Moody’s et Fitch Ratings, «exagèrent le risque d’investissement en Afrique» et renchérissent le coût des financements accordés aux pays africains. Cette petite musique qui consiste à imputer la fièvre du patient au thermomètre, est reprise par l’Union africaine (UA) qui veut créer sa propre agence de notation dès l’année prochaine. Encore une nouvelle vraie fausse idée !
L’Union africaine (UA) envisage de lancer sa propre agence de notation financière afin dit-elle, «de répondre aux préoccupations des pays du continent face aux évaluations parfois arbitraires des grandes agences internationales», rapporte Reuters, citant un dirigeant de la Commission de l’UA.«L’agence, qui élaborera sa propre évaluation des risques liés aux prêts accordés aux pays africains, sera basée sur le continent et ajoutera un contexte aux informations que les investisseurs prennent en considération lorsqu’ils décident d’acheter des obligations ou d’accorder des prêts», a déclaré Misheck Mutize, expert sur questions financières auprès de l’Union africaine. A l’en croire, «le secteur privé serait très intéressé par cette initiative.»L’objectif est de lancer cette agence de notation en 2024 afin de donner plus d’un son de cloche aux investisseurs. Reste à gagner la crédibilité de ces mêmes investisseurs.
L’UA et les dirigeants des pays comme le Ghana, le Sénégal et la Zambie, ont estimé à plusieurs reprises que le triumvirat de l’oligopole mondial de notation financière (Moody’s, Fitch et S&P Global Ratings) «n’évalue pas équitablement le risque de crédit des pays africains», et qu’elles sont «plus promptes à les rétrograder lors de crises telles que la pandémie de Covid-19.»Il faut rappeler que les pays africains ne sont pas les seuls à avoir été rétrogradés par ces agences. Les Etats-Unis et la France, pour ne citer qu’eux, l’avaient été également. A la sortie de la pandémie du Covid-19 qui avait mis à mal les équilibres budgétaires des Etats, 18 des 32 pays africains notés par les trois agences ont vu leur notation dégradée soit 56 % de leurs «clients» africains, contre une moyenne mondiale de 31 %.
Alors qu’il assurait la présidence tournante de l’UA, le président sénégalais Macky Sall avait par exemple appelé, en mai 2022, à la création d’une agence de notation financière africaine afin, selon lui, «de mettre fin aux injustices subies par les pays du continent.»
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