TotalEnergies a commencé à forer des puits de pétrole en Ouganda dans le cadre du mégaprojet Tilenga, décrié par les associations de défense de l’environnement et des droits humains.
« Conformément à la décision de développement annoncée le 1er février 2022, les forages des puits du projet Tilenga ont débuté en juillet 2023 pour un démarrage de production en 2025 », a indiqué le groupe français.
Les forages ont démarré « au cœur même du parc naturel des Murchison Falls, la plus ancienne et plus grande aire naturelle protégée d’Ouganda », ont déploré les associations Amis de la Terre France et Survie, « alertant de nouveau sur les dangers de ce projet, qui viendra alimenter le plus long oléoduc chauffé au monde.
« Total continue son greenwashing, tentant de convaincre que ses puits pétroliers n’affecteront pas la faune locale grâce à des tours de forage de couleur beige, +pour ressembler aux prairies de la savane environnante+ », ajoutent-elles, relevant que les plus de 400 puits prévus se situent pour un tiers dans cette aire naturelle protégée.
Selon le journal ougandais The Independent, citant jeudi un responsable du Petroleum Authority of Uganda (PAU), du pétrole a d’ores et déjà été atteint à un peu moins de 2 km de profondeur.
« Alors que les ravages du changement climatique se font plus que jamais sentir, Total dépasse toutes les limites imaginables en commençant l’extraction pétrolière dans un des plus hauts lieux de biodiversité au monde, l’Albertine Graben dans la région des Grands Lacs en Afrique », a commenté Juliette Renaud, des Amis de la Terre France.
Et ce alors que « selon le GIEC, plus aucun nouveau projet pétrolier ne devrait être lancé » si le monde veut respecter l’accord de Paris, a-t-elle rappelé.
Le projet a fait l’objet d’un accord d’investissement de 10 milliards de dollars entre TotalEnergies, l’Ouganda, la Tanzanie et la compagnie chinoise CNOOC. Il comprend aussi la construction d’un oléoduc (EACOP) de 1.443 kilomètres reliant les gisements du lac Albert, dans l’ouest de l’Ouganda, à la côte tanzanienne sur l’océan Indien.
Ses opposants dénoncent un projet délétère pour l’écosystème de la région et ses populations. Début juillet, Human Rights Watch a demandé son arrêt, estimant dans un rapport qu’il a déjà « dévasté les moyens de subsistance de milliers de personnes. »
TotalEnergies et ses partenaires assurent de leur côté « mettre les enjeux environnementaux et de biodiversité ainsi que les droits des communautés concernées au centre du projet ».
Avec AFP





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