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Paul Biya : « Il faut en finir avec l’aide au développement »

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Dans le cadre du sommet Afrique-USA qui se déroule actuellement à Washington, le président camerounais Paul Biya a frappé les esprits en affirmant que « l’aide publique au développement dont dépend l’Afrique, ne correspond plus aux besoins de financement du continent ». L’octogénaire chef de l’Etat camerounais a aussi relevé la difficulté qu’il y a à obtenir des financements privés qui sont souvent assorties des conditions contraignantes pour les souverainetés. Après 41 ans au pouvoir, Paul Biya découvre enfin une évidence.

Les modèles et instruments de financement adoptés contribuent davantage à la réexportation des capitaux, à travers des prêts sans mouvement de fonds vers le continent, mais avec des sorties obligatoires de devises lors des remboursements », a fait savoir Paul Biya. Il serait, dit-il, plus pertinent de financer l’exploitation et la transformation des ressources de l’Afrique sur son sol, en mettant en place un véritable marché des capitaux, susceptible d’offrir des outils adaptés aux besoins de financement de cette région.

La question d’un financement cohérent du continent est d’une grande actualité et l’est davantage avec la crise de la Covid-19, lorsque les pays riches pouvaient sans aucune limite prendre des mesures de dépassement de budget, alors que l’Afrique, elle, devait batailler contre l’opinion des agences de notation qui la présentaient comme hautement spéculative.

L’idée d’un marché africain des capitaux entre en droite ligne avec des activités menées par la Banque africaine de développement, à travers son Fonds de développement des marchés des capitaux (CMDTF). Parvenir à cet objectif nécessitera une plus grande synergie et rapidité d’exécution de ce projet par les autres chefs d’Etat de la région. En effet, plusieurs dossiers d’initiatives communes peinent encore à être mises effectivement en œuvre.

Le principal défi à surmonter, selon la Banque africaine de développement, très en pointe dans ce processus, est que dans leur ensemble, « les marchés financiers africains sont marqués par leur caractère restreint, superficiel, illiquide et profondément fragmenté ». Cela contribue à donner un grand pouvoir aux banques commerciales ou d’investissement, qui en majorité sont détenues par des investisseurs étrangers. L’appel du président Biya vient cependant rappeler qu’il existe une autre option pour le financement de l’Afrique, et que si cette solution dépend de l’Afrique, il importe aussi que les partenaires changent leurs méthodes de coopération. 

 

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