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Présidentielles en Côte d’Ivoire : Le trio politique encore au rendez-vous

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Les récentes annonces fortes de l’arène politique ivoirienne ont mis en avant un come back et non des moindres : celui du trio Alassane D. Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo sur la ligne de départ.

Les états major des trois leaders politiques majeurs en Côte d’Ivoire depuis plus de trois décennies n’ont pas fait dans la langue de bois. Les candidatures des derniers locataires de la Présidence sont annoncées pour la prochaine course au fauteuil si convoité. Une situation qui suscite une inquiétude quant à d’éventuelles brouilles électorales.

Henri Konan Bedié déjà dans la danse

Sans surprise, l’ancien patron du pouvoir ivoirien dans les années 90 a rendu officielle sa candidature confirmant ainsi les rumeurs. Il a pris de court l’opinion lors d’un conseil politique chez lui dans la ville de Daoukro. Un bras de fer s’annonce donc à l’interne avec les jeunes cadres qui ne cachent plus leurs ambitions : allusion faite à l’ex ministre Jean Louis Billon qui déclare ouvertement sa candidature avec ou sans l’aval du parti.

Le souci, durant cette cérémonie du PDCI, où il devait mettre fin au suspens, Henri Konan Bédié (HKB) est déclaré  »candidat unique » à la convention du parti historique du pays. Ce serait à la demande de la direction centrale qu’il a décidé d’occuper la place perdue depuis 1999.

Une proposition qui montre déjà un parti pris avant que ne soient déclarées d’autres candidatures. Nul ne peut ignorer le banquier Tidjane Thiam qui a affiché ses ambitions à l’aube de la dernière présidentielle de 2020. Allons-nous vers un scénario de l’actuel ministre de la réconciliation KKB, de son vrai nom Kouadio Konan Berthin. Ce dernier a défié l’éternel président (HKB) de la formation aux présidentielles de 2015 et 2020. Finalement il a quitté le navire et siège désormais auprès du Président Ouattara qui l’a mis au cœur du processus de réconciliation qui porte ses fruits.

 Des jeunes loups aux dents longues face à qui, il faudra un consensus pour éviter des frustrations à même de renforcer le RHDP au pouvoir qui enregistre de fortes adhésions.

Agé de 88 ans, Henri Konan Bedié prévoit de se représenter à la présidentielle de 2025 où Alassane Ouattara est censé rendre le tablier si ces deux challengers n’étaient pas dans la danse. On en est loin a priori.

Laurent Gbagbo fidèle au rendez-vous

On se souvient qu’en 2010 la finale l’avait opposé à Alassane Ouattara. Un bras de fer qui verra l’économiste l’emporter alors que le professeur d’histoire sera éconduit à la CPI où il sera blanchi finalement pour des accusations mal ficelées. 

Ainsi les 3000 victimes du clash post électoral d’alors n’ont aucun responsable désigné. Du moins pour l’heure car Laurent Gbagbo n’a pas fini ses déboires avec la justice.

Après avoir lâché en plein vol sa formation de toujours du FPI (Front populaire ivoirien), l’ex président élu en 2000 a mis sur orbite le PPA-CI (Pari des peuples africains – Côte d’Ivoire). Un parti qui vient de célébrer sa première bougie et de lancer un message solennel : Laurent Gbagbo sera le candidat naturel en 2025.

Les semaines à venir s’annoncent décisives car celui qui fut détenu à la Haye trimballe le dossier du braquage de la BCEAO. Affaire qui reste inscrite dans son casier judiciaire l’empêchant pour l’heure de postuler au palais présidentiel. Autrement dit, la grâce présidentielle accordée par son successeur au pouvoir, ne l’a pas blanchi.

Une responsabilité qui ne peut être imputée qu’au seul Alassane Ouattara car son cas devrait se jouer à l’Assemblée nationale. Il s’agit donc de bénéficier d’une amnistie afin d’être blanchi et avoir une candidature réelle et réaliste. Si le geste présidentiel fait à son endroit fut pris depuis la fête d’indépendance à la date du 7 août, près de 3 mois après, le groupe parlementaire est resté muet.

Les députés du PPA-CI sont pour l’heure inactifs, n’ont conçu aucune proposition de loi d’amnistie, et les leaders du  »candidat naturel » ont multiplié les sorties sur une chose : ils se battront par toutes les voies en leur possession afin de faire abdiquer le pouvoir pour une amnistie.

Discipline au RHDP

Et si Ouattara finissait avec un 4ème mandat !? Si son camp n’apprécie pas cette appellation indiquant qu’il s’agit du 1er mandat de la nouvelle République de Côte d’Ivoire, le numéro 1 ivoirien est parti pour une 4ème sollicitation du peuple pour les suffrages

Après un conseil politique en début d’année et au lendemain de la fête nationale, Alassane D. Ouattara a la main mise sur son parti. En plus d’inviter les cadres à être  »généreux » vis-à-vis de la base qui désavouait l’inaccessibilité de ces derniers. Aussi, le RHDP vient de boucler des élections tendues de responsables départementaux qui ont remis plusieurs choses en ordre.

Mieux, le président ivoirien reste au cœur d’une forte séduction politique. La preuve avec le retour du deuxième Vice-président du parti, notamment Albert Mabri Toikeusse pour qui le gouvernement serait revu bientôt afin qu’il récupère son siège ministériel. Il n’est pas le seul à avoir tapé à la porte d’entrée du pouvoir.

En effet, le front populaire abandonné par Laurent Gbagbo et conduit par Dr. Pascal Affi N’guessan a sollicité rallier les rangs. Refus catégorique du numéro 1 ivoirien qui a estimé que le FPI est un parti de gauche. Une incompatibilité idéologique justifiée mais qui pourrait ne pas résister au jeu des alliances des élections locales.

S’il est vrai que l’équipe présidentielle règne, certains bastions restent acquis au FPI et des listes communes seraient déconseillées par endroit pour des alliances.

Enfin la succession n’est pas d’actualité au sein de la team ADO. Avec les décès des Premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Ahmed Bakayoko, il est parti pour rempiler. Aussi, le locataire de la présidence avait invité ses deux challengers à se retirer et passer la main aux jeunes générations. Or, leurs formations respectives ont été claires : Bédié et Gbagbo sont les candidats naturels des militants qui voient en eux des opportunités.

Déclarations qui poussent à un remake car le choc fratricide politique aura bien lieu. Mais pour quelles incidences post- électorales ? 

 

 

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